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Le Mexique pris en tenaille par un ouragan et une tempête (vidéo)

Plus de la moitié d'Acapulco, une ville de 600 000 habitants, est inondée

© Ronaldo Schemidt

17 sept. 2013 à 19:58 - mise à jour 18 sept. 2013 à 09:51Temps de lecture3 min
Par AFP

La station balnéaire la plus touristique du pays se retrouve complètement isolée après ces intempéries. Le principal tunnel qui mène à la ville est inaccessible, bloqué par des tonnes de boue, et les routes impraticables. Les pannes d'électricité se multiplient et empêchent pratiquement le retrait d'argent liquide. Plus de la moitié de la ville, qui compte 680 000 habitants, est inondée.

Les zones les plus pauvres de la périphérie sont les plus touchées, ainsi que le quartier de Punta Diamante, une zone hôtelière où les eaux ont atteint jusqu'à trois mètres.

C'est dans cette zone que des centaines de personnes se sont livrées au pillage de centres commerciaux, emportant nourriture, électroménager et matelas, a constaté un correspondant de l'AFP. "Nous ne pouvons pas les contenir", a dit un soldat affecté à des tâches de sécurité.

Outre l'armée, des éléments de la Police fédérale ont été déployés dans cette ville frappée depuis plusieurs années par une vague de violence attribuée aux narcotrafiquants.

L'aéroport international est lui aussi sous les eaux. Résultat : 40 000 touristes sont dans l'incapacité de retourner chez eux.

A l'aéroport d'Acapulco les avions sont immobilisés à cause des inondations

Séjours forcés

"On est désespérés parce qu'on ne peut pas rentrer chez nous et aller au travail", explique Isabelle, une touriste espagnole. "Notre réservation à l'hôtel est terminée alors on va voir comment ils peuvent nous aider, on va voir s'ils peuvent nous fournir une chambre, sinon on verra bien. Mais toujours aucun espoir de rentrer chez nous".

Certains hôtels ont accordé une nuit gratuite à leurs clients mais les conditions de vie restent difficiles. Faute d'approvisionnement, la nourriture commence à manquer. Devant les supermarchés, ils sont des centaines à faire la file. Alors, pour éviter une pénurie, un rationnement a même été décidé.

Le soleil et la plage dont beaucoup rêvaient de profiter pendant ce week-end prolongé des fêtes de l'Indépendance mexicaine s'est transformé en séjour forcé pour les touristes, la plupart mexicains, qui attendent d'être évacués.

L'aéroport d'Acapulco immobilisé par les inondations, les touristes attendent

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Premiers vols d'évacuation dans un aéroport improvisé

Pour désenclaver la ville, les autorités ont ordonné la mise en place d'un pont aérien commercial et les premiers vols d'évacuation de touristes ont débuté. Les premiers embarquements sur les compagnies Aeromexico, Interjet et Aeromar se font depuis un hangar privé.

Des touristes font la queue, dans l'espoir d'obtenir un billet d'avion pour rentrer chez eux

Dans l'espoir d'obtenir un billet d'avion, des centaines de touristes ont fait la queue mardi sur l'esplanade d'un centre de spectacles d'Acapulco, converti en centre d'opération des compagnies aériennes, devenu refuge improvisé pour quelque 2000 personnes qui ne pouvaient plus se loger.

Andres Guerra Gutierrez, de la ville de Mexico, était arrivé vendredi avec 14 membres de sa famille. Maintenant il fait la queue, lui aussi, pour voir s'il va pouvoir prendre un vol. "Nous allons voir si nous revenons en avion ou si nous attendons la réouverture des routes", déclare-t-il. "Mais le problème, c'est la nourriture".

Milagros, une Vénézuélienne venue avec son mari et sa fille de deux ans, a échangé depuis lundi sa luxueuse chambre d'hôtel pour le sol du Centre des conventions d'Acapulco, autre refuge pour un millier de personnes en attente.

"Nous sommes vraiment inquiets : nous n'avons plus d'espèces pour payer le supplément que pourrait exiger la compagnie aérienne pour avoir manqué notre vol", explique cette habitante de Caracas.

Ingrid et Manuel se dissipent mais la situation reste grave

Valentin Mario Calderon est arrivé avec son épouse et trois neveux samedi dans un hôtel du bord de mer. "Depuis samedi matin on ne voyait plus rien vers la mer, avec énormément de vent. Le dimanche, on a subi un véritable déluge et nous pensions qu'arrivait un tsunami. Alors nous nous sommes recommandés à Dieu", dit-il encore visiblement éprouvé.

Ingrid et Manuel, l'ouragan et la tempête tropicale qui ont touché simultanément le Mexique, l'un à partir du Golfe du Mexique, l'autre sur le Pacifique, sont en train de se dissiper, mais la situation continue d'être "de haute urgence" selon les autorités, dans des États comme Guerrero (sud) ou Veracruz (est).

Des résidents à Acapulco, où les supermarchés sont pillés après cinq jours de pluies torrentielles causant de nombreuses inondations
La plupart des routes sont impraticables à Acapulco

L'ouragan de catégorie 1 Ingrid, s'est affaibli au rang de phénomène de "basse pression résiduelle" et était localisé au sud de l'État du Nuevo Leon (nord-est), selon le Service de météorologie nationale du Mexique.

Manuel, une tempête tropicale, s'est dissipé, mais son passage a créé une "autre zone d'instabilité" au large de la péninsule du Yucatan (est), avec 20% de possibilité de réactivation, selon la même source.

Le ministre de l'Intérieur Miguel Angel Osorio Chong avait fait état dans la soirée de mardi d'au moins 47 morts, toutes de nationalités mexicaines, au cours des quatre jours consécutifs de tempêtes qui ont balayé les régions côtières du Golfe du Mexique (est) et du Pacifique (ouest).

Selon la presse nationale, M. Osorio a annoncé un nouveau bilan de 57 morts dans la nuit de mardi à mercredi.

29 Etats du Mexique - sur 32 - ont mis en place des comités d'urgence pour faire face à la situation.

RTBF avec agences

Intempéries spectaculaires au Mexique

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