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Le marché du travail accueille-t-il suffisamment de personnes handicapées?

Seulement 30% des personnes atteintes d'un handicap participent au monde du travail.
09 oct. 2017 à 10:39Temps de lecture2 min
Par Audrey Vanbrabant

À l'occasion de l'opération Cap 48, Transversales s'est penchée sur les Entreprises de Travail Adapté (ETA) qui emploie des personnes qui ont un handicap mental ou moteur. Elle sont 130 en Belgique. La plus grande, Travie, compte 335 personnes handicapées qui travaillent dans le conditionnement et l’emballage de produits. 

"J'ai un handicap mental mais ça ne se voit pas" cette jeune femme est l'une des personnes qui a pu trouver une place dans la société grâce à Travie. À l'origine, les personnes handicapées participaient à ce qu'on appelait "des ateliers protégés". Aujourd'hui, par souci de trouver une dénomination plus juste et par besoin de ces personnes d'être réinsérées on parle plutôt d'Entreprises de Travail Adapté. 

Cette initiative naît de la nécessité de réintroduire les handicapés - mentaux et moteurs - dans un circuit professionnel et de rythmer leur vie de la façon la plus normale possible. Evidemment, les exigences y sont moindres et les différentes tâches adaptées à chacun. Aussi, ces travailleurs se voient proposer un salaire qui leur permet de subvenir, en partie, à leurs besoins par leurs propres moyens. S'ajoute à celui-ci des subsides octroyés par les Régions et adaptés à l'handicap.

Acquérir des automatismes

En plus de Travie, d'autres ETA existent. C'est le cas, par exemple, de Citeco, une asbl qui emploie 34 personnes handicapées pour des tâches de jardinage, de rempaillage ou de manutention. Le superviseur de la petite équipe de jardiniers explique : "Ce n'est pas plus compliqué que de gérer des personnes valides. Il n'y a pas de différence. On leur fait répéter toujours les mêmes actions pour qu'ils acquièrent des automatismes." 

Bien que beaucoup d'entreprises privées sont encore réticentes à l'idée d'engager des personnes handicapées, certaines le font déjà. Aussi, en plus de participer à une action sociale, il existe d'autres avantages à les engager. En effet, lorsqu'il s'agit de tâches répétitives qui lasseraient rapidement des travailleurs classiques, les personnes handicapées n'en ressentent pas l'ennui et sont, donc, plus performantes. Leur plus grande flexibilité représente aussi un atout majeur. 

Des chiffres trop bas

En Belgique, plus de 20.000 personnes travaillent en ETA et d'autres encore en entreprises classiques. Chiffre encore insuffisant puisqu'il ne représente que 30% des personnes handicapées. Par rapport à nos voisins européens, le taux d'emploi reste très faible. L'État belge doit prendre des mesures pour motiver les différentes entreprises à accroître ce chiffre sans pour autant les y contraindre.

Trop d'employeurs vivent encore avec la peur d'engager des personnes handicapées à cause d'une fausse image qu'ils ont de leurs capacités à travailler efficacement. Bien qu'elles ne soient pas compétentes dans toutes les tâches possibles et imaginables, elles demeurent aptes à une palette variée de travaux manuels. Pour certaines, le travail est même vecteur de réinsertion sociale et, au sens plus large, de sociabilité. 

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