Le lézard respire de façon unidirectionnelle, mais tranquillement

Un lézard des Galapagos

© Rodrigo Buendia

11 déc. 2013 à 18:17 - mise à jour 11 déc. 2013 à 20:12Temps de lecture2 min
Par AFP

Chez les humains, comme chez la plupart des autres animaux, la respiration se fait en deux temps: inspiration, puis expiration.

Mais pas chez les oiseaux, qu'on pensait jusqu'alors dotés du système respiratoire le plus perfectionné et le plus efficace du règne animal. Chez les volatiles, l'air entre par la trachée, passe dans le poumon (rigide et qui ne change donc pas de volume) où il se disperse dans une sorte de labyrinthe avant de ressortir par où il est venu. Cette circulation en boucle permet notamment d'assurer un apport constant d'oxygène dans le sang.

La théorie dominante veut que cela permette aux oiseaux de mieux supporter les efforts musculaires intenses exigés par le vol et leur mode de vie, particulièrement la raréfaction de l'oxygène en altitude.

Et pourtant, des varans - lézards terre à terre et assez indolents - appartiennent également à ce club très fermé, indique une étude publiée dans la revue Nature.

Varan des savanes

C.G. Farmer, biologiste à l'université américaine d'Utah, et son équipe ont passé les poumons du varan des savanes (Varanus exanthematicus) au scanner en trois dimensions et implanté des débitmètres dans cinq spécimens pour étudier leur respiration.

Ils ont également injecté de l'air dans les poumons de dix varans - morts -, puis de l'eau. A chaque fois, l'expérience a prouvé que leur système respiratoire était unidirectionnel, comme celui des oiseaux.

Les alligators d'Amérique seraient dotés des mêmes facultés, ce qui les aiderait à retenir leur souffle, qu'ils soient en plongée ou non, a expliqué C.G. Farmer. Selon la chercheuse, ce phénomène "semble être bien plus répandu et ancien qu'on ne le pensait".

On ignore pourquoi certaines espèces ont développé ce type de respiration et pas d'autres, mais C.G. Farmer estime "qu'il ne s'agit probablement pas d'une adaptation permettant à un animal d'être actif". "En fait, ce serait plutôt une adaptation destinée à lui permettre de rester tranquillement assis sur de longues périodes, sans bouger et sans respirer", pense-t-elle.

Son apparition pourrait être liée à l'extinction massive d'espèces survenue voici quelque 250 millions d'années. Presque tous les animaux marins et les deux tiers des vertébrés terrestres avaient alors été éradiqués par une catastrophe d'origine mystérieuse qui s'est traduite par une chute sévère du taux d'oxygène dans l'atmosphère.

AFP

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