Transmission

Le guitariste Thibault Debehogne et son Trio 14 revisitent le répertoire des musiques traditionnelles de Wallonie

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26 oct. 2022 à 09:46Temps de lecture2 min
Par Brigitte Mahaux et Paula Floch

À l’occasion de la sortie du disque de musiques traditionnelles "en Aeroplan" par l’ensemble Trio14, le guitariste Thibault Debehogne a invité Marc Maréchal. Il a été 35 ans directeur de l’Académie d’Eghezée et pionnier de la musique d’ensemble " à l’oreille " ou sans partition.

Cette semaine, ce sont les musiques traditionnelles en Wallonie qui sont transmises de bouche-à-oreille : un patrimoine musical revisité, réinventé et toujours en mouvement, dans un esprit d’ouverture. Faire chanter et danser, c’est ce qui motive le guitariste Thibault Debehogne et son Trio14, constitué, outre lui, de deux violons : Julien Maréchal et Simon Wolfs, soit 14 cordes !

Considéré comme l’un des meilleurs groupes de bal folk de nos contrées belges, Trio14 revisite le répertoire traditionnel de Wallonie, France et Outre-Manche, invitant les foules à guinguer sur des scottishs, branles, suites et bourrées remis au goût du jour.

Guitariste classique de formation, Thibaut Debehogne s’intéresse très vite au répertoire folk, au plaisir du jouer ensemble face à un public de danseurs. Il est actif dans des projets variés, tant dans le domaine des musiques traditionnelles (Trio14, Manäcken, The Cooligans) que dans celui de la musique classique (Quatuor Pagaille et Sonares Guitar Duo).

Cette passion pour les musiques traditionnelles naît à l’Académie d’Eghezée, où se rencontrent les trois musiciens sous la houlette inspirante de son directeur Marc Maréchal. Claveciniste de formation, il a voulu libérer l’écoute des carcans de la partition, fondant une classe de BàO - bouche-à-oreille – qui tend à "reculer les limites de l’oreille pour mieux faire sienne la musique".

Ce mode d’apprentissage permet une ouverture sur le répertoire qui, à l’inverse d’être figé, peut être réinventé, revisité, autant que l’oreille nous le permette.

Loin d’être paradoxales, ouverture et traditions se conjuguent et même se subliment. C’est en hommage à Marc Maréchal que le Trio14 a intitulé son premier disque "Rue de la Gare", adresse de l’Académie d’Eghezée.

Et la transmission continue de père en fils avec la plateforme Melchior, initiée par Julien Maréchal. Basée à l’IMEP à Namur, elle propose une plongée sonore dans le passé musical de la Wallonie.

In fine, ce vent de fraîcheur sur la tradition, qui préfère la pluralité à la normativité, Marc Maréchal, fin connaisseur de divers types musicaux, l’illustre avec ce texte de Jankélévitch :

"A la question : Comment pouvez-vous aimer Bartok si vous aimez les ballades de Chopin, il faut répondre : c’est un problème qui n’existe pas. La sensibilité est plurielle et différentielle ; elle n’organise pas autour d’elle un monde systématique, un monde de cohérence bien arrondi et bien administré…" Dans "Quelque part dans l’inachevé", Vladimir Jankélévitch, Béatrice Berlowitz, Gallimard, 1978.

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