Le groupe L’Oréal va supprimer 125 emplois en Belgique

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15 janv. 2021 à 07:51Temps de lecture2 min
Par Maxime Paquay et Michel Gassé

Le groupe français L’Oréal a annoncé hier son intention de supprimer 125 postes de travail en Belgique. C’est un coup dur pour l’emploi, d’autant plus que ces emplois seront en réalité transférés à l’étranger.

Et quand on parle de postes créés à l'etranger, il ne s'agit pas de la Pologne ou de l'Asie, mais bel et bien des Pays-Bas. Pourquoi ce choix ? Deux éléments jouent dans la balance, selon Jean-Charles Bondy, le patron de L’Oréal Belgique. Le premier élément est plutôt inattendu.

"Il y a eu une première évolution très nette, c’est le fait que de plus en plus de nos clients considèrent cette région comme un marché unique, comme un marché sur lequel ils opèrent dans les deux pays", explique Jean-Charles Bondy, "Et donc, nous devons suivre nos clients et ils sont aujourd’hui en attente de simplification de notre part"

En plus de ce retour du Benelux (Pays-Bas, Belgique et Luxembourg), une deuxième raison explique le choix de L'Oréal. Elle est liée à la première: il s'agit du poids de plus en plus important du commerce en ligne. Et sur ce plan, L’Oréal a effectivement choisi les Pays-Bas plutôt que la Belgique.

"Il se trouve qu’une majorité aujourd’hui de nos clients qui considèrent le Benelux comme leur marché sont situés aux Pays-Bas", poursuit Jean-Charles Bondy. "Et concernant le e-commerce, c’est aussi le cas. On bénéficie à Amsterdam d’un écosystème dans le domaine du digital en général et du e-commerce qui est particulièrement favorable"

Les Pays-Bas sont donc plus compétitifs que la Belgique pour le commerce en ligne. Or, L’Oréal considère que l’e-commerce est absolument vital pour son développement commercial, ce qui explique cette décision.

Ce n'est que le début des restructurations qui impacteront la Belgique

L'Oréal risque de supprimer 125 emplois en Belgique. Après les annonces de Solvay et de AGC Glass Europe plus tôt dans la semaine, l’addition commence à être salée. Et ce n'est que le début, comme le souligne Vincent Bodart, professeur d’économie à l’UCL et chercheur à l’IRES. Il vient de publier une note d’analyse conjoncturelle dans la revue Regards économiques.

"Pour l’année qui vient, on anticipe des pertes d’emplois qui devraient s’élever à environ 20 000 unités endéans l’année, donc entre le début et la fin de l’année. On a une augmentation du chômage qui, elle, va être plus importante. Effectivement, les chiffres que l’on a pour l’instant, c’est une hausse du chômage sur le cours de l’année qui serait de l’ordre de 50 000 personnes", éclaire Vincent Bodart. "La différence entre les deux tient au fait que la population active croît sur l’année et que des personnes rentrent sur le marché du travail et deviennent donc actives. Je pense par exemple à des étudiants qui terminent leurs études et qui sont à la recherche d’un premier emploi. Ils sont confrontés à un marché du travail morose".

Effectivement, on oublie parfois l’élément démographique dans l’évolution du chômage. D'une part, on connaîtra des pertes d'emploi. De l'autre, parmi les nouveaux arrivants dans la population, certains pourraient ne pas trouver d'emploi vu le contexte. 

C’est donc cela qui explique pourquoi le chômage risque de grimper de 50 000 unités cette année. On ne commence pas l’année dans de très bonnes conjonctures.

Solvay aussi restructure entraînant des pertes d'emplois: JT 13/01/2021

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