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Tout le Baz'Art

Le groove de Marc Zinga - Tout le Baz'art ce dimanche 6 décembre sur Arte Belgique

Le groove de Marc Zinga - Tout le Baz'art ce dimanche 6 décembre sur Arte Belgique
04 déc. 2015 à 14:50 - mise à jour 04 déc. 2015 à 14:502 min
Par Patrick de Lamalle

“Ce type, il a le groove!” Forcément, il est noir; forcément, il est belge; forcément, il a passé son enfance à Auderghem, dans un logement social.

“Ce type, il a le groove!” A chaque casting, c'est la même chose : Marc Zinga tape dans l'oeil des réalisateurs et metteurs en scène, aussi bien au théâtre qu'au cinéma. Depuis “Les rayures du zèbre” de Benoît Mariage, où il tient fichtrement bien la distance face à Benoît Poelvoorde en jeune footballeur prodigue africain alors qu'il n'avait jamais tapé dans une balle avant le tournage, le “Magritte du jeune espoir masculin” multiplie les apparitions sur les écrans de France et... du monde : après "Deephan" de Jacques Audiard, le voilà malfrat dans le dernier James Bond, “Spectre” de Sam Mendes...

“Ce type, il a le groove!” Ce fut l'exclamation de Jean-Michel Van den Eeyden, tout nouveau directeur du Théâtre de l'Ancre, à Charleroi, qui n'en revenait pas lors d'une audition pour “Mère sauvage”, un spectacle jeune public qu'il s'apprêtait à mettre en scène. Il a dû chambouler sa distribution pour engager Marc Zinga. Le spectacle a tourné dans toute la Belgique francophone, c'était son premier rôle au théâtre.

“Ce type, il a le groove!” Une évidence avec son groupe funk-punk-slam Peas project qu'il avait fondé avec une dizaine de musiciens à sa sortie du Conservatoire de Bruxelles, section arts de la parole. Il a chanté dix ans du Bota, à l'AB, sur toutes les scènes de Belgique...

Groove ou twist, peu importe, Marc Zinga devait monter sur les planches, se mettre en danger en racontant des histoires, en incarnant des récits...

Et bien entendu, le groove, ce balancement, cette syncope typique de la musique urbaine afro-américaine, cette capacité de changer de rythme en un instant, ce groove à la sauce belgo-congolaise a permis à Marc Zinga de jouer un Mobutu criant de vérité dans Mister Bob, le téléfilm de Thomas Vincent; puis un Patrice Lumumba magnifique sur la scène du Théâtre national populaire de Villeurbanne, près de Lyon, mis en scène par Christian Schiaretti, dans la pièce d'Aimé Césaire “Une saison au Congo”.

Est-ce ce groove qui a séduit le rappeur français Abd-Al-Malik? Il a choisi Marc Zinga pour interpréter son propre rôle dans “Allah bénisse la France!”, son premier film, autobiographique. Depuis, entre alter ego dans la vie et à l'écran, une vraie complicité s'est installée et les deux hommes vont se retrouver très bientôt pour de nouveaux projets.

Mais si on le demande à Marc Zinga lui-même, à son avis, ce type, il a plutôt le twist ! Car pour lui, l'étincelle, elle vient du twist : un jour, encore enfant, il a vu, Dieu sait où, danser le twist et il a ressenti une sensation extraordinaire. Depuis, il n'a plus rêvé que de se produire sur scène pour procurer à d'autres cette émotion. Groove ou twist, peu importe, il devait monter sur les planches, se mettre en danger en racontant des histoires, en incarnant des récits...

Dans son Tout le Baz'Art, Marc Zinga balaie le groove d'une carrière déjà bien remplie, mais qui ne fait que commencer... avec Abd-Al-Malik dans le Parc Seny, le boxeur Ryad pour l'apprentissage d'un nouveau rôle, son meilleur ami le professeur de sémantique Mikhaïl Kissine et Jean-Michel Van den Eeyden à Charleroi sur la scène de ses premiers exploits.

 

Tout le Baz'Art - dimanche 6 décembre à 17h15 sur ARTE BELGIQUE

et jeudi 10 décembre à 22h30 sur la Trois

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