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Le gouvernement wallon et les partenaires sociaux et environnementaux s’engagent à relancer ensemble la Wallonie

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28 mars 2022 à 10:03 - mise à jour 28 mars 2022 à 14:49Temps de lecture5 min
Par Jean-François Noulet

Le gouvernement wallon, les syndicats, les organisations patronales et les organisations environnementales ont conclu ce lundi un accord pour relancer la Wallonie, en ciblant des actions prioritaires.

Le gouvernement wallon avait déjà mis sur pied, en 2021, un Plan de relance. La succession de la crise du Covid, des intempéries de l’été 2021 et de la guerre en Ukraine avec des conséquences ressenties aussi en Wallonie ont nécessité un recentrage du Plan de Relance. Des projets de ce Plan ont ainsi été regroupés par le gouvernement wallon et les partenaires sociaux et environnementaux en quatre "programmes d’action prioritaires".

Syndicats, organisations patronales et organisations environnementales s’engagent à agir ensemble à la réalisation de ces programmes.

 

2,5 milliards d’euros pour 42 projets

"Depuis plusieurs mois, vu l’ampleur des drames qui nous ont coûté plus de 6 milliards d’euros, il fallait créer une dynamique économique renforcée" explique Elio Di Rupo, le ministre-président wallon. "Il fallait associer activement les partenaires sociaux et environnementaux à la mise en œuvre du Plan de Relance", ajoute-t-il.

Sur proposition des partenaires sociaux et environnementaux, une quarantaine de projets du Plan de relance ont été regroupés. "Des projets qui nous paraissaient prioritaires et qui tireront vers le haut d’autres initiatives politiques et privées", précise Elio Di Rupo.

Les 42 projets représentent un budget de 2,5 milliards d’euros.

Former et revoir la formation des jeunes et celle des demandeurs d’emploi

C’est l’un des quatre axes prioritaires identifiés par les signataires. La formation des jeunes devra être réformée et actualisée. Même chose pour celle des personnes à la recherche d’un emploi.

Le taux d’emploi en Région wallonne est trop faible. L’objectif est de "mieux accompagner les plus éloignés de l’emploi en les formant", souligne Jean-François Tamellini, de la FGTB, au nom du front commun syndical.

L’idée est aussi de faciliter l’accès à un premier emploi chez les jeunes.

Au nom du patronat, Olivier de Wasseiges, de l’Union wallonne des entreprises épingle le rôle que devra jouer l’enseignement en alternance, "pour augmenter l’attractivité pour les plus jeunes". Il évoque aussi l’importance d’incitants à la formation dans les métiers en pénurie et le rôle des formations en science, ingénierie et en mathématique.

L’enseignement est une compétence des Communautés. C’est au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’il faudrait agir pour modifier l’offre d’enseignement. Le gouvernement wallon compte aller de l’avant, "sans attendre la Fédération", explique Elio Di Rupo, en utilisant les outils à disposition de la Région wallonne, c’est-à-dire les centres de formation, les centres d’excellence et l’Ifapme. "Sinon, nous n’avançons pas", souligne le ministre-président wallon.

400 millions d’euros devraient ainsi être dégagés pour la formation.

Mener une politique économique et industrielle forte

Les 42 points prioritaires épinglés par le gouvernement wallon et les partenaires sociaux et environnementaux visent aussi à dynamiser les industries wallonnes et le secteur des services.

Pour Olivier de Wasseiges, de l’Union wallonne des entreprises (UWE), il s’agit de "mener une politique industrielle forte". Il épingle des projets en recherche stratégique, en recherche et développement, en innovation et dans "l’industrie 4.0". L’économie circulaire, la décarbonisation et la réduction des émissions de CO2.

300 millions d'euros sont prévus pour la recherche et l’innovation. 120 millions d’euros iront au soutien aux PME, par exemple.

Un objectif que souhaitent aussi atteindre le gouvernement et les partenaires sociaux et environnementaux c’est celui de permettre d’avantage aux entreprises wallonnes, en particulier les PME de décrocher des marchés publics wallons et créer un cercle vertueux de création d'emplois.

La crise du Covid et les conséquences des sanctions vis-à-vis de la Russie suite à la guerre en Ukraine ont mis en évidence la "vulnérabilité et la dépendance" de la Wallonie aux économies extérieures, explique Elio Di Rupo. L’objectif est à présent de "relocaliser une partie de la production industrielle et alimentaire en Europe, pourquoi pas en Wallonie", avance le ministre-président wallon.

Autre priorité : accentuer la transition énergétique

Parmi les 42 projets prioritaires retenus, la transition énergétique et la réduction de la dépendance énergétique ont leur place.

L’actualité récente et la flambée des produits énergétiques ont mis en évidence la dépendance de la Wallonie. Il s’agit de réduire la consommation énergétique et diminuer la facture des citoyens via des projets prioritaires, explique Sylvie Meekers, la directrice générale des organisations environnementales. On va, dit-elle, faire de la rénovation "une cause nationale wallonne".

Sortir de la précarité

A travers les projets prioritaires retenus, l’objectif est aussi de sortir de la précarité les Wallons qui sont dans cette situation.

La réforme des formations des jeunes et des demandeurs d’emploi s’inscrit aussi dans cette optique. Le développement du logement, des programmes de rénovation de logements par quartier et la promotion en matière de santé sont ici au programme.

Sur les quatre axes retenus et les 42 projets épinglés, l’idée est d’avancer vite. Certains de ces projets sont liés à des fonds européens prévus dans le Plan pour la reprise et la résilience. La Commission européenne impose un calendrier précis. "Tous les travaux doivent être finalisés en 2025 et payés en 2026. Sinon, la Commission européenne reprend les sous", avertit Elio Di Rupo.

Pour les autres projets, "si des projets patinent ou prennent du retard", les budgets pourront être, en cours de route, réaffectés à d’autres priorités. C’est pour cela que le gouvernement wallon et les partenaires sociaux et environnementaux prévoient de mettre en place un processus de monitoring.

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