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Le gouvernement vénézuélien et l'opposition négocient au Mexique

Lancement des négociations à Mexico le 13 août 2021 entre le gouvernement vénézuélien et son opposition avec, de gauche à droite, le président du Parlement vénézuélien Jorge Rodriguez, le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, le direct

Le gouvernement vénézuélien et son opposition ont entamé vendredi soir à Mexico une nouvelle négociation dans l'espoir d'organiser des élections présidentielles et lever les sanctions qui pèsent sur leur pays.

Un "mémorandum d'accord" a été signé par Jorge Rodríguez, au nom du gouvernement du président Nicolas Maduro, et Gerardo Blayde, pour la "Plataforma Unitaria" au nom de l'opposition, a constaté l'AFP.

Le contenu de ce mémorandum n'a pas été communiqué.

Mettre fin à la crise politique

L'objectif de ces pourparlers, qui font suite à l'échec des discussions à la Barbade en 2019 et en République dominicaine en 2018, est de mettre fin à la crise politique et économique aiguë qui mine le Venezuela.

Les négociations se tiennent au Musée national d'anthropologie de Mexico, sous la médiation de la Norvège et sous les auspices du gouvernement mexicain.

Par la suite, les parties se retrouveront le 30 août, également au Mexique, pour discuter d'un agenda en sept points qui n'envisage toutefois pas le départ du pouvoir du président socialiste Nicolas Maduro, que l'opposition accuse d'avoir été réélu frauduleusement en 2018 pour six ans.

Vendredi soir, Nicolas Maduro a salué sur Twitter la signature du mémorandum. La veille, il avait prévenu qu'il ne céderait pas au "chantage ou aux menaces" des États-Unis qui ont exigé des "discussions sincères" pour résoudre les problèmes de l'ancienne puissance pétrolière.

Washington reconnaît Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président en 2019 alors qu'il dirigeait le Parlement, désormais aux mains des chavistes.

Vendredi, Juan Guaido a évoqué le pouvoir des sanctions pour faire pression sur Maduro et a reconnu que "certaines solutions ne seront pas faciles", mais a prévenu qu'un échec à la table des négociations ne ferait qu'"approfondir le conflit".

Des sanctions américaines qui pourraient s'alléger

Dans sa tentative d'étouffer Nicolas Maduro, l'ex-président républicain Donald Trump avait imposé une batterie de sanctions au Venezuela - dont un embargo pétrolier - que son successeur démocrate Joe Biden propose d'alléger si les négociations progressent vers de nouvelles élections.

"Le régime Maduro peut créer une voie vers l'allègement des sanctions en permettant aux Vénézuéliens de participer à des élections libres", a déclaré à l'AFP un porte-parole du département d’État avant le dialogue.

Le Canada et l'Union européenne ont également déclaré qu'ils étaient prêts à revoir leurs mesures punitives.

Mais Nicolas Maduro, un ancien chauffeur de bus de 58 ans, insiste sur le fait que "le Venezuela va au dialogue à Mexico (...) de manière autonome et indépendante et ne se soumet pas au chantage ou aux menaces du gouvernement américain".

Le dirigeant, élu en 2013 après la mort d'Hugo Chavez, s'accroche au pouvoir avec le soutien des militaires, de Cuba, de la Chine et de la Russie, en dépit de l'effondrement économique de son pays, membre de l'Opep, dont le PIB a chuté de 80% depuis 2014.

En raison de la crise, cinq millions de Vénézuéliens ont été contraints d'émigrer.

Pour Pedro Benitez, analyste politique et professeur d'université vénézuélien, les partis pourraient parvenir à des accords s'ils admettent qu'"aucun d'eux ne peut écraser l'autre".

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