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Le gouvernement grec ne veut plus discuter avec la troïka actuelle

Le gouvernement grec ne veut plus discuter avec la troïka actuelle

En tout cas, le nouveau gouvernement grec ne veut plus discuter avec la troïka tel qu'elle existe. Pour rappel, la troïka est composée de représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Ce sont eux qui vont sur place, dans les ministères grecs, vérifier si les réformes promises sont bien appliquées. Ce sont eux également qui en suggèrent d'autres, parfois de manière très précise et pressante, même si officiellement, c'est toujours les autorités grecques qui prennent les décisions. Mais sans le feu vert de la troïka, les Européens et le FMI ne débloquent pas les tranches d'aide européennes. C'est dire le pouvoir de la troïka.

La troïka, un attelage fragile

Cette troïka n'est pas montrée du doigt qu'en Grèce, partout son fonctionnement est critiqué. D'abord, elle ne rend de comptes qu'aux ministres des Finances de la zone euro qui eux-mêmes invoquent la troïka pour ne pas prendre la responsabilité des décisions. De son côté, la troïka se présente comme celle qui applique les directives données par les ministres des Finances. Bref, chacun se renvoie la balle et cela mène finalement à une situation où personne n'est responsable de rien.

Ensuite, la troïka est un attelage fragile. On a souvent senti des tensions entre le FMI et la Commission européenne. Le commissaire Olli Rehn s'en défendait en expliquant qu'il passait plus de temps avec Christine Lagarde, la présidente du FMI, qu'avec sa propre femme. Mais on sentait bien qu'effectivement, l'entente n'était pas totale.

Assez rapidement, le FMI a reconnu qu'il avait sous-estimé les effets de ces mesures d'austérité, trop brutales, trop rapides. Alors que dans le même temps, la Commission continuait à plaider pour une remise en ordre rapide des finances grecques. Le FMI estimait que la dette grecque ne serait pas soutenable alors que la Commission remettait cette discussion à plus tard, etc.

Vers un autre mécanisme de contrôle?

On ne peut pas imaginer qu'il n'y ait plus aucun mécanisme de contrôle. Il s'agit d'argent public, et on ne peut pas dire que les Européens ont toute confiance dans les autorités grecques. Mais ça fait un petit temps que la troïka est montrée du doigt. Il ne faut pas oublier que régulièrement, la troïka ces dernières années, a quitté la Grèce en claquant la porte. Le Parlement européen a rendu un rapport il y a deux ans demandant une autre forme de contrôle, plus démocratique, sans le FMI.

Plus récemment, en juillet dernier, bien avant l'annonce même d'élections anticipées en Grèce, Jean-Claude Juncker, alors futur président de la Commission, expliquait devant le Parlement européen qu'il faudrait dans le futur trouver une autre structure que la troïka. Une structure plus légitime qui puisse rendre des comptes devant le Parlement européen et les Parlements nationaux.

Mais le FMI est aussi impliqué dans l'aide à la Grèce et aux autres pays en difficulté. Donc comment organiser dans la zone euro le contrôle démocratique d'une institution qui n'est pas strictement européenne ? A terme, l'idée est de se passer du FMI en cas de crise. Autre souci : certains au nord de l'Europe sont très attachés à ce principe, il faudra les convaincre d'une autre solution sans qu'ils craignent le retour du laxisme budgétaire.

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