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Belgique

Le gouvernement confirme l’arrêt du nucléaire, mais au sein de la majorité, la lecture de l’accord n’est pas unanime. La Chambre est perplexe

Le Premier ministre et la ministre de l’Energie ont présenté ce jeudi l’accord intervenu dans la nuit à propos de l’avenir énergétique du pays. Le Plan A, celui de la fermeture des réacteurs en 2025 est maintenu. Cependant, en raison d’obstacles qui doivent encore être levés pour permettre l’installation d’alternatives au nucléaire, comme des centrales à gaz, le Plan B, celui du maintien de deux réacteurs est gardé en réserve, "au cas où", comme filet de sécurité.

Tine Van der Straeten – Georges-Louis Bouchez : deux lectures différentes de l’accord

La ministre de l’Energie l’avait déjà confirmé ce jeudi matin sur Twitter. Pour elle, il s’agit d’un accord qui confirme la fermeture des centrales nucléaires belges. "Le Plan A est renforcé et ancré dans la loi", avait-elle publié, mettant en avant une transition énergétique vers 100% d’énergie renouvelable et vers la neutralité climatique.

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Dans la foulée, le Président du MR, Georges-Louis Bouchez répondait via le même réseau social qu’il n’y avait "aucune certitude". Raison pour laquelle, selon lui, l’énergie nucléaire restait sur la table avec une étude de l’AFCN (Agence Fédérale de contrôle nucléaire) attendue pour le 17 janvier.

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Le président du MR enfonçait encore le clou dans un autre message sur Twitter. Pour Georges-Louis Bouchez, "la sortie du nucléaire n’a pas été décidée". "De nouvelles enchères seront lancées pour sauver le CRM", écrivait-il. Le rapport de l’AFCN attendu pour le 17 janvier permettrait "d’activer la prolongation du nucléaire comme filet de sécurité", ajoutait-il. "Décision en mars", concluait le Président du MR.

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La ministre de l’Energie et le Premier ministre confirment le maintien du Plan A

En conférence de presse ce jeudi matin, lors de la présentation de l’accord, la ministre de l’Energie, Tine Van der Straeten, et le Premier ministre ont précisé leur vision des choses. Le Premier ministre a continué l’exercice ce jeudi après-midi à la Chambre. Pour eux, le Plan A reste d’actualité. Il devra être confirmé d’ici le mois de mars. D’ici là, le Plan B, qui prévoirait de prolonger deux réacteurs, est conservé comme un filet de sécurité.

A la Chambre, le Premier ministre s’est appuyé sur les déclarations du patron d’Elia, le gestionnaire du réseau, selon qui "nous pouvons postuler que nous sommes à nouveau dans des conditions de sécurité d’approvisionnement".

A la Chambre, ces divergences de vues suscitent des critiques

Lors de la séance de questions orales à la Chambre, jeudi après-midi, plusieurs députés ont critiqué l’accord sur l’avenir énergétique conclu par le gouvernement. "Quelle farce", a estimé le député VB Van Lommel pour qui cet accord permet de gagner trois mois avant de décider.

"C’est de nouveau la confusion totale", a estimé le député cdH Georges Dallemagne. "On attendait une décision pour novembre, puis pour décembre. Elle est reportée à Mars", a-t-il estimé. Pour le cdH, il faut prolonger deux réacteurs pour vingt ans. Le député cdH s’est aussi inquiété des "messages contradictoires", d’une part la communication du Premier ministre et d’autre part celle du MR, qui ne permettent pas d’y voir clair dans la position du gouvernement par rapport à la prolongation ou non des réacteurs nucléaires.

Si le député Ecolo-Groen Wouter De Vriendt a défendu, sans surprise, l’accord, Kris Verduyck, de Vooruit a plaidé pour qu’il y ait "un plan qui protège de l’augmentation des prix énergétiques".

Le député MR Benoît Piedboeuf est allé dans le sens de son Président de parti. Pour lui, si la relance des enchères échoue à trouver une capacité nécessaire, le Plan B, celui de la prolongation du nucléaire, s’imposera.

Au CD&V, Leen Dierick rappelle que "les citoyens et les entreprises sont inquiets".

Au PS, pour Malik Ben Achour, on peut "sortir du nucléaire, oui, mais pas à n’importe quel prix". Pour lui, il faut des garanties sur l’approvisionnement, sur les prix et sur l’emploi. "Il vous revient de démontrer que le choix du gouvernement n’est pas un choix dogmatique, mais qu’il repose sur des faits", a ajouté le député PS.

 

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