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Belgique

Le front commun syndical introduit un recours contre le saut d'index

Le front commun syndical introduit un recours contre le saut d'index
25 oct. 2015 à 16:00 - mise à jour 25 oct. 2015 à 16:002 min
Par Karim Fadoul

Le front commun syndical (FGTB-CSC-CGSLB) ne digère toujours le saut d'index. Du coup, les principaux syndicats introduiront, ce lundi, un recours devant la Cour constitutionnelle contre la mesure décidée par le gouvernement Michel fin 2014. Selon eux, elle pénalise les travailleurs et n'a pas été imposée de manière équitable.

Quels sont les motifs invoqués par le front commun? Tout d'abord, il y a, selon les plaignants, "violation du droit fondamental à une rémunération équitable, du droit à la sécurité sociale, du droit aux allocations familiales et du droit à la négociation collective parce que ces droits fondamentaux ont subi une régression considérable du niveau de protection sans servir l’intérêt général". Ensuite, il est question d'une "violation du droit fondamental à l’égalité de traitement sur deux plans: les travailleurs sont discriminés par rapport aux indépendants et aux professions libérales qui peuvent encore indexer leurs prix/honoraires et les travailleurs et allocataires sont discriminés quant au patrimoine par rapport aux revenus mobiliers et immobiliers (locataires, actionnaires, investisseurs, rentiers)."

Une mesure pas imposée à tous les travailleurs

Enfin, "le gouvernement fédéral a outrepassé ses compétences en imposant le saut d’index aux seuls travailleurs et allocataires. Il aurait dû l’imposer à tous les revenus dans un souci de justice sociale". Ce qui ne semble pas avoir été le cas.

L'action était dans l'air du temps. Mais ce lundi, les syndicats passeront à l'action et communiqueront les détails de leur action. Selon Jean Faniel, du Crisp (Centre de recherche et d'information socio-politiques), ce recours auprès de la Cour constitutionnelle serait une première dans l'histoire du pays.

Pour rappel, le saut d'index de 2% des salaires et des allocations tel que décidé par le gouvernement fédéral a été adopté par la Chambre en avril dernier. Concrètement, si le coût de la vie augmente, les salaires, eux, ne suivront pas la tendance. Un tuile pour tous les travailleurs qui perdent en pouvoir d'achat, mais une bonne nouvelle pour les patrons qui ne devront pas supporter cette charge et ainsi pourront réaliser une économie (2,5 milliards d'euros selon les estimations). Objectif de la mesure selon le Fédéral: relancer l'économie et les embauches (30 000 emplois espérés).

Il n'empêche, depuis l'annonce de cette mesure couplée à celle sur l'allongement des carrières, les syndicats pestent. Ils ont mené plusieurs actions, la plus importante étant la manifestation nationale du 7 novembre 2014.

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