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Le film "Tirailleurs" à voir pour l’Histoire

&#34 ; Tirailleurs&#34 ; (Father And Soldier) Photocall – The 75th Annual Cannes Film Festival

© 2022 Stephane Cardinale – Corbis

Après les polémiques un peu folles du début de cette année autour d’Omar Sy et du film dans lequel il tient le premier rôle – "Tirailleurs" – on a souhaité aller voir de plus près et voici ce qu’on a pensé du film.

"Tirailleurs" raconte l’histoire du jeune Thierno qui est arraché de force à son Sénégal natal par l’armée française pour aller combattre dans les tranchées pendant la Première guerre mondiale. Son père, Bakary, joué par Omar Sy, décide alors de se faire passer pour un volontaire et de tout faire pour protéger son fils sur un champ de bataille qui ne laisse que peu d’espoir pour la survie.

A travers ce lien père-fils, c’est l’histoire méconnue du rôle qu’ont joué les tirailleurs venus des colonies françaises dans les guerres que l’on découvre. Pendant la guerre 14-18, ils ont été 200.000 tirailleurs, membre des troupes coloniales, à combattre pour la France, souvent placés en première en ligne et  ayant fait office de chair à canon. Eux aussi font partie de l’Histoire de la flamme du soldat inconnu qui se situe sous l’arc de triomphe, à Paris.

C’est justement parce que cette histoire est si peu connue, si peu enseignée à l’école que "Tirailleurs" est un film qui doit être vu.

Au plus près de l’émotion

Par ailleurs, le film réussit le pari de nous plonger dans les tranchées avec les personnages du film, au plus près de la guerre. En effet, le réalisateur, Mathieu Vadepied a opté pour des plans serrés sur les personnages, et réussit ainsi à susciter l’intensité des émotions des personnages. Juste par l’image et la façon de filmer, il évite le piège du dialogue artificiel. Le choix du plan rapproché permet aussi au spectateur de se plonger pleinement dans la réalité de la guerre, parce que, oui c’est bien de cela qu’il s’agit, même si par moments certaines scènes de guerre nous ont semblé un peu trop attendues.

On salue également le choix de garder les langues originales. En effet, dans le film, on peut entendre aussi bien du peul, du wolof que du français. D’ailleurs Omar Sy joue le rôle d’un Sénégalais qui ne parle pas français, il joue donc tout le film en peul. Ce choix permet au spectateur de mieux comprendre encore la situation que les tirailleurs ont vécue dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, face à une guerre qui n’était pas la leur, en étant complètement arraché à leur culture. Comment comprendre les ordres quand on ne comprend pas la langue ? Comment faire confiance à celui qui est censé être son frère d’armes ? A qui faire confiance ?

Une intrigue pas assez poussée

Néanmoins, si le choix de l’intrigue de partir sur le lien père-fils est intéressant pour raconter cette histoire des tirailleurs, on déplore que celle-ci ne soit pas poussée plus loin. Il est vrai qu’en regardant le film, le spectateur est finalement peu surpris par le déroulement de l’intrigue. Par ailleurs, si le rythme est vraiment chouette au début, les séquences s’enchaînent rapidement, en manquant parfois un peu de liant d’une séquence à l’autre.

Les larges épaules d’Omar Sy

On ajoute qu’Omar Sy crève clairement l’écran dans la peau de ce père prêt à tout pour sauver son fils. A un tel point qu’on a presque envie de dire qu’il porte tout le film sur ses épaules. Alors, peut-être pas à ce point. Mais c’est vrai qu’Omar Sy semble, par moments, porter à lui seul, le film "Tirailleurs". De ce point de vue, il prouve une fois de plus qu’il est capable d’endosser des rôles dramatiques d’envergures.

On notera la prestation d’Alassane Diong qui joue ce jeune Thierno enrolé de force et également celui du lieutenant Chambreau, joué par l’acteur bruxellois, Jonas Bloquet. Un trio qui fonctionne.

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