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Chroniques

Le fédéralisme ce combat de catch

31 mars 2015 à 05:352 min
Par Bertrand Henne

Il est arrivé comme par magie ce contrôle budgétaire. Alors que d’aucun l’annonçait comme le moment politique majeur de ce début d’année. Le moment de vérité, où sous la pression croisée de la rue, de l’Europe, du CD&V et de la N-VA l’équipe Michel allait sérieusement tanguer.

Au bout du compte nada, pour deux raisons. La principale d’abord, le bateau Michel a changé son cap pour éviter la tempête. Exit la grande réforme fiscale, exit le transfert de charge du travail vers la tva, les carburants et le capital. Ce changement de cap évite bien sûr le gros grain, mais ce nouveau chemin ne règle rien. Il faudra bien passer le cap Horn un jour, ou rester un pays d’injustice fiscale, c’est possible aussi.

Et puis surtout, il y a la magie…

Magique, au sens "merveilleux", "mystérieux". Voilà donc qu’en un weekend, dans un repli obscur de la loi de financement (celle qui règle le financement des entités fédérées), le Conseil supérieurs des Finances retrouve 750 millions d’euros. 750 millions d’euros, cela a d’un coup donné à ce contrôle budgétaire des airs de croisière. Laissé le cap Horn de côté, le vent a subitement tourné. 30 nœuds par l’arrière, de quoi arriver beaucoup plus vite que prévu à Pointe-à-Pitre. Trouver des moyens pour payer les factures de la justice, les opérations de l’armée à l’étranger, soulager l’horeca qui ne digérait pas les mesures antifraudes. De quoi souffler pour un premier ministre Charles Michel qui a vu son équipage se bagarrer à qui mieux mieux ces dernières semaines.

En attendant, les régions sont assommées…

En tout cas Bruxelles et la Wallonie (où, faut-il encore le rappeler, le MR n’est pas au pouvoir), sont assommées. Le Sud du pays attend de savoir pourquoi et comment 750 millions leur tombe sur le râble sans crier gare. Pour l’heure elles se gardent bien de critiquer la décision du fédéral qui dit appliquer strictement la nouvelle loi de financement prévue dans la 6ème réforme de l’Etat. Bruxelles et la Wallonie sont prises au dépourvu de ce qui semble bien être un fédéralisme de compétition. Depuis 6 mois on commence à compter les coups : la suppression du Thalys d'un côté, le saut d’index de loyer de l'autre, la saga d'un possible impôt sur la fortune régional et maintenant cette "prise secrète" que personne n'avait vu venir digne d'un mauvais combat de catch. In memoriam le fédéralisme de coopération, qu'il repose en paix.

 

Bertrand Henne

Le fédéralisme ce combat de catch - La Chronique de Bertrand Henne

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