Biodiversité

Le Fat Bear Week, le concours de poids lourds chez les ours qui fascine les États-Unis

Le Fat Bear Week, le concours de poids lourd chez les ours qui fascine les États-Unis.

© Naphat Photography

12 oct. 2022 à 07:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

A l’approche de l’hiver, la tentation est de se terrer chez soi comme un ours dans sa tanière. Mais l’hibernation n’est pas à la portée de n’importe quel animal : les ursidés doivent s’y préparer en faisant d’énormes réserves de graisse. Ce processus est au cœur de la Fat Bear Week.

En Alaska, on élit l'ours brun le mieux préparé pour l'hiver

En Alaska, on élit l'ours brun le mieux préparé pour l'hiver.
En Alaska, on élit l'ours brun le mieux préparé pour l'hiver. © John French/EyeEm

Chaque année, le parc national de Katmai organise ce concours pour sensibiliser le grand public à la protection des ours bruns d’Alaska. Chacun peut voter en ligne jusqu’au 11 octobre, un jour aussi connu comme Fat Bear Tuesday, pour les spécimens les plus imposants de cette région du Grand Nord. 

Certains partent favoris, comme Otis.

Ce mâle à l’oreille droite tombante a été sacré quatre fois. Il est également l’actuel tenant du titre.

Son secret ? La patience. Otis est connu pour attendre que les saumons qui remontent la rivière Brooks viennent à lui plutôt que de les chasser activement comme ses jeunes congénères. Cette technique particulière lui a un jour permis de manger 42 saumons en une seule prise.

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Mais la concurrence est rude pour l’édition 2022 de la Fat Bear Week. Otis doit se confronter à des jeunes et plus vigoureux spécimens tels que Walker, Grazer, Holly ou encore Chunk. Ce dernier est un grand ours aux yeux bridés qui a une cicatrice distinctive sur le museau. Il possède d’importantes réserves de graisse, ce qui fait de lui l’un des mâles les plus grands et les plus dominants de la rivière.

Ours et saumons sont menacés par le réchauffement climatique

Ours et saumons sont menacés par le réchauffement climatique.
Ours et saumons sont menacés par le réchauffement climatique. © Paul Souders

Chaque année, des dizaines de milliers d’internautes participent à l’élection du plus gros ours brun du parc national de Katmai. Le concours a même attiré plus de 600.000 amateurs animaliers en 2021. Un succès qui fait le bonheur de Mike Fitz, un ancien ranger du parc national de Katmai qui a créé la Fat Bear Week en 2014. "Je pensais que ce serait une activité originale que Katmai pourrait faire chaque année, et c'est le cas, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi populaire", a-t-il déclaré au New York Times

Les internautes peuvent en apprendre plus sur les douze ours bruns en compétition sur le site de l'organisation à but non lucratif Explore. Ils peuvent notamment les observer dans leur pêche au saumon grâce à des caméras qu’ont installées les gardes forestiers près de la rivière Brooks.

"Les gens en apprennent davantage sur les ours bruns et les saumons de cette façon."

"Nous espérons que cela se traduira par une plus grande attention pour cet endroit remarquable ainsi que pour les ours et les saumons du monde entier", a confié Mike Fitz au journal américain. 

Il y a urgence à agir : le dérèglement climatique bouleverse profondément la faune et la flore en Alaska. Les températures y augmentent deux fois plus vite qu’à l’échelle mondiale, comme dans les autres régions polaires du globe. Ce phénomène pourrait compromettre la survie des nombreux saumons qui peuplent la région, et, par extension, celle des ours bruns. 

L'hibernation, un miracle physiologique qui fascine la science

L'hibernation, un miracle physiologique qui fascine la science.
L'hibernation, un miracle physiologique qui fascine la science. © Paul Souders

Ces plantigrades se nourrissent essentiellement de saumon entre les mois de juin et d’octobre pour prendre suffisamment de poids avant l’hiver. Certains mâles du parc de Katmai peuvent peser jusqu’à 544 kilos à cette période, soit un quintal de plus que durant l’été. Cette prise de poids est primordiale pour leur permettre d’hiberner

Pendant cinq à sept mois, les ours bruns se terrent et entrent dans un état de torpeur.

Ils n’hibernent pas profondément comme la marmotte ou le spermophile arctique. Toutefois, leur rythme cardiaque et leur consommation d’oxygène baissent considérablement durant cette phase. Résultat : ils décomposent leurs réserves de graisse pour produire l’énergie nécessaire à leur survie tout en conservant leur masse musculaire. 

La Fat Bear Week célèbre ce processus étonnant qui intrigue les scientifiques depuis des décennies. Un choc des titans dont le résultat importe peu finalement tant que le grand public prend conscience de la nécessité de préserver les ours bruns et leur écosystème naturel

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