Elections en Italie

Le droit à l’avortement menacé en Italie par l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir : "Elle a promis de ne pas toucher à la loi, mais…"

La très chrétienne Giorgia Meloni a remporté les élections italiennes dimanche. L’arrivée au pouvoir de son parti ultraconservateur risque-t-elle de remettre en question le droit à l’avortement en Italie ? Giorgia Meloni a promis de ne pas toucher à la loi sur l’avortement, mais est-ce qu’elle va tenir parole ?

"Elle a souvent été interpellée sur la question et elle a souvent rassuré les Italiennes en disant à plusieurs reprises qu’elle ne toucherait pas à la loi 194, cette loi qui, depuis 1978, dépénalise l’IVG en Italie, expliquait ce matin notre correspondante en Italie Valérie Dupont. Toucher à l’avortement ne fait pas partie de son programme. Mais lors de sa campagne électorale, elle a aussi précisé qu’elle voulait surtout donner aux femmes le droit de ne pas avorter. Alors, c’est un peu sibyllin, elle dit vouloir créer un fonds de soutien pour inciter les femmes à garder les enfants, même si elles ont des difficultés économiques, et l’un des premiers points de son programme est un soutien à la natalité. Et parmi les nouveaux parlementaires Fratelli d’Italia, il y a de vrais militants anti-avortement."

 

Dans les faits, en Italie, l’avortement est déjà compliqué actuellement : "La loi permet en effet aux médecins italiens de se déclarer objecteurs de conscience, et de ne pas pratiquer l’avortement. Au niveau national, 70% des médecins gynécologues se déclarent déjà objecteurs de conscience, et dans certaines régions, cela va jusqu’à 89%, comme en Sicile ou dans le Molise. Avec seulement un médecin sur 10 qui accepte, cela transforme l’avortement en parcours de la combattante, d’autant que la loi autorise l’IVG jusqu’à 90 jours de grossesse seulement. Après, elle n’est autorisée que si la vie de la mère est en danger."

Semaine de réflexion

La région des Marches (Ancône), depuis 2019, a un gouverneur du mouvement Fratelli d’Italia, de Giorgia Meloni. "Et un reportage à la télévision italienne a démontré toutes les difficultés pour avorter dans cette région. Un exemple : le nouveau pouvoir régional a réduit à sept semaines de grossesse la possibilité d’avorter avec la pilule abortive RU 486, qui est déjà très difficile à obtenir. Et de plus, un nouveau règlement impose une semaine de réflexion aux femmes qui demandent un certificat médical pour avorter. Alors, trouver un rendez-vous est une mission presque impossible dans les temps, les fameux 90 jours prévus par la loi".

Mais c’est aussi là qu’on trouve "les cimetières des fœtus, où des militants anti-avortement récupèrent les fœtus dans les hôpitaux pour les enterrer à l’insu des femmes. C’est une horreur !"

Mardi, en Ligurie, Fratelli d’Italia a refusé de voter un texte qui oblige la région à garantir aux femmes le plein droit à l’IVG malgré les objecteurs de conscience. "Donc, sans modifier la loi, on voit que les ultraconservateurs peuvent trouver des moyens pour rendre l’avortement plus compliqué, et donc plus douloureux. Mais un point positif : les Italiennes se disent déjà prêtes à monter sur les barricades si le droit à l’avortement est en danger".

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