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Le député bruxellois Michaël Vossaert est candidat à la présidence de DéFI

Le Molenbeekois Michaël Vossaert, député régional bruxellois, se déclare candidat à la présidence de DéFi.

© D. R.

02 oct. 2022 à 17:14 - mise à jour 03 oct. 2022 à 07:37Temps de lecture6 min
Par Propos recueillis par Karim Fadoul

Interview de Michaël Vossaert, candidat à la présidence de DéFI

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Un troisième candidat pour la présidence de DéFI. Le député bruxellois Michaël Vossaert a décidé de briguer un mandat à la tête du parti, face au président sortant François De Smet et le leader des amarantes wallons, Pascal Goergen. La commission électorale de la formation avalisera les différentes candidatures ce lundi. L'élection se tient le 4 décembre prochain.

Pour Michaël Vossaert, Molenbeekois de 36 ans et militant depuis 15 ans, il s’agit de défendre un retour aux sources, aux fondamentaux de son parti tout en étant "plus pragmatique" sur les débats actuels comme la crise énergétique et l’écologie.

Michaël Vossaert, vous êtes président de DéFI Bruxelles. Pour quelles raisons votre candidature, cette fois à la présidence du parti, intervient-elle ?

Parce que j’estime qu’il y a une nécessité de mettre les choses à plat avant d’aborder tous ensemble les échéances électorales de 2024. Aussi, parce que je suis interpellé par des militants qui se posent des questions sur l’avenir de DéFI. Moi qui suis membre depuis 2006, j’ai une expérience, en tant que conseiller communal à Molenbeek, en tant que député régional, à la Fédération Wallonie-Bruxelles et comme président depuis cinq ans de DéFI Bruxelles. Je sens qu’il y a un style à adopter, une méthode à mettre en place qui doit être plus pragmatique. Je suis un homme de terrain, très engagé. Quand je vois la crise énergétique avec un problème de pouvoir d’achat, je veux que mon parti soit sur la balle pour apporter ses solutions. Je veux que mon parti ait une place plus importante dans le débat socio-économique. Je veux également plus faire appel à notre centre d’études.

Ce sont des sujets qui ne sont pas assez abordés par la présidence actuelle de François De Smet ?

Ce sont en tout cas des sujets que moi j’aborde plus facilement. J’ai également envie que DéFI conserve l’identité qu’il a toujours eue : un profil socio-économique plus marqué, qui remet l’ascenseur social en route… Etre une alternative crédible avec des propositions à court et moyen terme. Par ailleurs, nous devons valoriser notre identité francophone. Il y a des liens à retisser. En tant que chef de groupe, nous discutons de l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et on attend DéFI sur cette question. Nous avons par exemple des propositions sur l’enseignement. J’ai entendu les militants bruxellois, wallons et de la périphérie. DéFI a une place et nous ne devons pas la laisser aux autres. Nous avons un projet politique francophone. Nous devons aussi être dans un éco-pragmatisme. Pour tout cela, je sens qu’il faut mobiliser encore plus sur le terrain.

 

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C’est-à-dire ?

Dans mon plan d’actions, il y a toute une série d’initiatives à prendre dans les zones de Bruxelles où on doit encore atteindre de meilleurs résultats, c’est-à-dire de l’autre côté du canal (NDLR : DéFI détient trois mayorats à Schaerbeek, Woluwe-Saint-Lambert et Auderghem) à Molenbeek, Anderlecht… Notre formation doit investir dans cette zone de Bruxelles. En Wallonie, nous avons des objectifs à atteindre sur la durée. Pour cela, nous devons être présents sur le terrain. DéFI est un parti de la proximité dans l’espace francophone. Nous avons toujours été soutenus dans les communes où nous assurons la gestion. Nous devons revenir à nos fondamentaux.

Faut-il comprendre que François De Smet ne porte pas assez, selon vous, ces combats-là ?

Pas assez. Pour quelles raisons ? Il faut lui poser la question. Il a son profil, moi j’ai le mien. En tout cas, DéFI est un parti démocratique dans lequel on peut avoir des échanges, où on peut se remettre en question.

François De Smet ne vient pas du monde politique. Il n’est député fédéral que depuis mai 2019 et président du parti que depuis décembre 2019. Pourquoi ne pas lui laisser le temps de s’installer, de prendre ses marques, d’échanger au sein du parti au lieu de se présenter face à lui ?

Le parti a décidé en âme et conscience d’une élection interne. S’il y a une élection interne, c’est qu’il y a une possibilité de poser sa candidature avec le risque ou pas d’avoir des candidatures différentes. C’est la force de notre parti. Nous avons une facilité de débat. L’autre élément, c’est que nous devons être prêts pour 2024. J’ai une expérience de campagnes électorales. Je ne veux justement pas rater le rendez-vous avec une équipe. Ma candidature n’est pas la décision d’une seule personne. J’ai mon envie d’apporter mais c’est une candidature qui a d’abord la volonté de rassembler. Pas de diviser. Je n’ai jamais fait de sorties intempestives, dans les médias. Je suis toujours resté dans l’ombre parce que j’ai toujours voulu représenter un esprit de synthèse.

Pourquoi vouloir dès lors être davantage dans la lumière aujourd’hui ?

Je ne cherche pas la lumière. Mais je cherche à incarner cette énergie que j’ai moi militant, les raisons qui m’ont poussé à m’engager dans ce parti. Si je ne retrouve plus cela aujourd’hui, c’est que cela n’est plus présent. C’est ce que me disent des militants. On sent chez eux l’envie de retrouver une méthode qui rassure et qui rassemble.

Cela veut-il dire que François De Smet a été une erreur de casting pour les militants historiques de DéFI ?

On ne fait pas le procès de François De Smet. Il a des qualités intellectuelles, il fait son travail à la Chambre. Quelle que soit l’issue du résultat, c’est un compagnon de parti. On restera dans le même bateau. La question est de se dire : mettons les choses à plat, adoptons une autre méthode.

Votre candidature est-elle poussée par Olivier Maingain, l’ancien président de DéFI ?

Ma candidature n’est pas poussée par un clan par rapport à un autre. Ce sont des militants de Bruxelles, de la périphérie, de la Wallonie qui m’ont convaincu de me présenter. Mais cela ne m’empêche pas d’avoir des convergences avec Olivier Maingain et je ne cracherai pas sur son soutien. Olivier Maingain et moi n’avons pas le même style. Mais nous avons des convergences notamment sur notre identité francophone, sur le socio-économique… Sous la présidence d’Olivier Maingain, avec Didier Gosuin alors ministre au gouvernement bruxellois, nous avons porté le concept de libéralisme social… Et cela a apporté des résultats notamment en termes de création d’emplois. Mon parti est celui de l’égalité des chances, de l’accès à la formation, à l’emploi… Ce message doit être plus présent.

Fabian Maingain, échevin à la Ville de Bruxelles est candidat à la présidence de DéFI Bruxelles. Vous lui céderez le flambeau ?

Fabian Maingain pourrait prendre ma relève. Lui et moi avons les mêmes valeurs. Je suis convaincu qu’il va poursuivre mes projets.

 

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Michaël Vossaert est bruxellois, molenbeekois… Comment va-t-il faire pour implanter davantage DéFI dans le paysage politique wallon ? En clair, que connaît-il à la Wallonie ?

Michaël Vossaert, il est francophone : c’est un déjà un élément important. Je suis chef de groupe à la Fédération Wallonie-Bruxelles. J’ai pu d’ailleurs développer une série de projets sur l’enseignement en Fédération, comme l’esprit d’entreprendre dans les écoles, l’apprentissage des langues… Par ailleurs, cela fait 15 ans que je suis dans le parti. Il y a plusieurs années, j’étais le collaborateur du président Maingain qui devait penser au développement du parti en Wallonie… J’ai organisé des colloques et des rencontres à l’UCL, à Liège… En Wallonie, je peux lancer ce que je moi j’ai lancé à Bruxelles en termes de fonctionnement de mon comité régional, une méthode avec le concours et le soutien des structures régionales. J’ai établi des comités permanents avec Bruxelles et la Wallonie pendant lesquels on a pu échanger. Comme le dit Pascal Goergen dans sa candidature, DéFI Wallonie a besoin de plus de moyens. Je suis d’accord avec cela. Comme il faut plus de moyens pour la périphérie.

DéFI a un ministre, dans le gouvernement bruxellois, lequel a souvent été en crise. DéFI a reculé sur le dossier de la neutralité des services publics, à la STIB. DéFI a reculé sur le dossier de l’abattage rituel. Avec Michaël Vossaert président du parti, la situation aurait été différente ?

La majorité bruxelloise (NDLR : PS-Ecolo-DéFi) est une nouvelle majorité, ce n’est pas celle la précédente législature. Les partis autour de la table ne sont plus les mêmes. Et à l’époque, nous avions deux représentants au gouvernement bruxellois. Aujourd’hui, nous n’en avons plus qu’un, Bernard Clerfayt, avec d’importantes compétences. Au travers de ce qui s’est passé, il faut tirer les leçons. Il faut aborder ces sujets avec de la concertation entre partenaires, en amont. Mon parti n’a pas fauté sur ces dossiers. Et puis il ne faut pas oublier que le Covid a aussi eu un impact sur le mode de fonctionnement de l’exécutif bruxellois. Aujourd’hui, les relations entre partenaires doivent se stabiliser. Moi je suis plutôt pour l’apaisement. Nous avons des intérêts communs et des objectifs ambitieux à porter qui se trouvent dans l’accord de majorité. Ne jouons pas le jeu de la division. Si l’on prend le dossier STIB, je rappelle que le gouvernement, que tous les partis, ont pris une décision collective. Et ils l’assument tous.

Quand Olivier Maingain est devenu président du FDF, il avait 36 ans, comme vous. Un signe ?

Je n’ai pas la prétention de vouloir effectuer la même carrière… Je me focalise d’abord sur 2024 et la mise en route de mon plan d’actions.

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