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Le Conseil de l'Europe dénonce surpopulation et violence persistante dans les prisons britanniques

07 juil. 2022 à 08:32Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Maud Wilquin

Surpopulation, violence persistante et garanties juridiques insuffisantes pour les patients souffrant de troubles psychiatriques : le comité du Conseil de l'Europe de lutte contre la torture a rendu public jeudi un rapport sévère concernant le traitement des personnes détenues au Royaume-Uni.

"Le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) se montre une nouvelle fois préoccupé par les nombreux cas de violence grave entre détenus (...) et contre le personnel et de l'absence d'une stratégie cohérente pour lutter contre la surpopulation chronique", constate le CPT, un des organes du Conseil de l'Europe.

Au cours de sa visite de 13 jours effectuée en juin 2021, le CPT a par ailleurs "constaté que la grande majorité des détenus continuait d'être enfermée dans les cellules, avec très peu d'activités, pendant 22 à 23 heures par jour depuis mars 2020".

Le rapport estime que la violence serait encore plus grande "si les détenus n'étaient pas confinés dans leur cellule pendant la majeure partie de la journée".

La délégation du CPT alerte également sur le peu d'expérience du personnel pénitentiaire, dont la plupart "n'a jamais vu les établissements fonctionner dans des conditions normales", avant la pandémie provoquée par le Covid-19, et incite les autorités britanniques à mieux le former.

Après avoir visité la prison pour femmes de Bronzefield, au sud-ouest de Londres, les observateurs relèvent des carences similaires à celles observées dans le système pénitentiaire masculin. En outre, le nombre des actes d'automutilation en particulier y a largement augmenté pendant la pandémie.

L'établissement héberge également des femmes souffrant de troubles mentaux qui ne peuvent recevoir les soins adéquats en milieu carcéral. 

En ce qui concerne les établissements psychiatriques, le rapport souligne y avoir rencontré "de nombreux professionnels de la santé dévoués et travaillant dur pour prendre soin de leurs patients".

Cependant le CPT rappelle qu'un "avis psychiatrique externe devrait être immédiatement demandé" en cas d'opposition par le patient au traitement proposé. 

Le rapport s'inquiète aussi de "niveaux élevés de recours aux pratiques restrictives, notamment à la contention des patients en position couchée sur le ventre et les cas d'isolement de longue durée".

Dans leur réponse, les autorités britanniques ont mis en exergue l'extension du parc pénitentiaire à venir et ont pris des engagements de recrutement d'agents supplémentaires, avec l'objectif de leur fournir formation et soutien adapté.

Enfin, Londres évoque une modification de sa loi sur la santé mentale pour pallier les insuffisances mises en exergue dans les hôpitaux psychiatriques.

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