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Le cimetière américain d'Henri-Chapelle : un lieu de mémoire à visiter toute l'année

Cimetière américain : pour le souvenir à jamais

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30 déc. 2020 à 15:01 - mise à jour 30 déc. 2020 à 19:00Temps de lecture2 min
Par Marie Bourguignon

Une herbe minutieusement taillée, des rangées de croix blanches parfaitement alignées à perte de vue: bienvenue au cimetière américain d'Henri-Chapelle. Sur une étendue de 23 hectares, ici, sont rassemblés des milliers de soldats tombés pour défendre l'Europe durant la guerre 40-45. Des milliers de soldats qui ont chacun leur histoire. "Nous sommes sur la tombe des trois frères Tester", nous explique Amandine Jaunet, la guide du cimetière. "Ils sont tous les trois morts à un an d'écart, en 1943, 1944, et 1945. Ce qui est intéressant ici, c'est qu'il y en a un qui est décédé au large de l'Afrique, un autre en France et le dernier en Belgique. S'ils sont tous les trois ici aujourd'hui, c'est parce que l'armée américaine proposait aux familles que les frères soient enterrés au même endroit. La mère a donc choisi que ses trois fils soient les uns à côté des autres."

Plus de 20.000 soldats rapatriés après la guerre

Au côté des frères Tester, ce sont près de 8000 soldats américains qui reposent aujourd'hui au cimetière d'Henri-Chapelle. Ce chiffre est impressionnant, pourtant ils étaient quatre fois plus nombreux à avoir été enterrés ici après la guerre. En 1947, 60% d'entre eux ont été rapatriés, comme le confirme la guide du cimetière: "Le gouvernement américain a laissé un choix aux familles. Soit il était possible de rapatrier les soldats aux frais de l'Etat pour les enterrer dans des cimetières sur le sol américain. Soit les familles pouvaient choisir qu'ils restent là où ils se trouvaient. L'Etat américain promettait ainsi de prendre soin des soldats et de maintenir les lieux indéfiniment."

En étant près des frontières, cela permettait de ramener les soldats tombés au front et de les enterrer assez rapidement.

Le cimetière d'Henri-Chapelle, situé au cœur du Pays de Herve, fait partie des trois cimetières américains qui existent en Belgique. La beauté de la région a joué quant au choix de son implantation, mais si ce mémorial a vu le jour ici, c'est surtout pour sa situation géographique. "L'élément le plus important pour les américains, c'était que ce soit proche des frontières allemandes, mais toujours en territoire allié", indique Amandine Jaunet. "En étant près des frontières, ça permettait de ramener les soldats tombés au front et de pouvoir les enterrer assez rapidement dans un cimetière."

76 ans plus tard, des familles américaines viennent encore se recueillir sur la tombe d'un proche

Chaque année, entre 50.000 et 75.000 touristes viennent visiter ce lieu. Certains s'arrêtent ici par hasard, d'autres se déplacent par intérêt comme ce couple venu de Flandre : "J'ai lu qu'il y avait un cimetière américain ici et comme la guerre nous intéresse, nous sommes venus. C'est toujours impressionnant de voir qu'il y a tellement de personnes qui ont donné leur vie pour sauvegarder la paix. Il ne faut pas oublier car c'est une partie de notre histoire."

Parmi les visiteurs, il y a aussi régulièrement des familles américaines qui font le déplacement jusqu'ici pour venir se recueillir sur la tombe d'un proche. Même si ces familles sont de moins en moins nombreuses aux fil des ans. "La guerre s'est terminée il y a 76 ans, mais il y a toujours des grands oncles qui sont enterrés ici" souligne Mathieu Carly, le directeur du cimetière. " Il y a donc toujours des familles qui se déplacent. Et il y a encore des soldats vivants de la deuxième guerre mondiale!"

A Henri-Chapelle, on compte toujours 90 soldats inconnus et 450 soldats disparus. Trois quarts de siècle après la fin de la guerre, les recherches pour retrouver leur identité ou connaitre leur histoire se poursuivent toujours, pour que le devoir de mémoire perdure.

 

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