Economie

Le ciel belge se libère pour les drones

Un ciel plus libre pour les pilotes de drone

© Espacedrone

23 déc. 2020 à 17:03 - mise à jour 23 déc. 2020 à 17:03Temps de lecture2 min
Par Thierry Vangulick

Un ciel ouvert à tous les drones, c’est la nouvelle règle qui entrera en vigueur dès le 1er janvier. Une très bonne nouvelle pour les 4000 pilotes de drones de Belgique. Imposée par l’Union européenne qui veut préparer l’avènement du transport par drone de marchandises et de passagers. L’idée est de créer des zones réservées à des usages différents. A commencer par les zones dires "open" qui sont d’abord destinées aux amateurs comme l’explique Renaud Fraiture, vice-président de la Belgian Drone Federation :

"Ce sera beaucoup plus facile de voler dans ces zones ouvertes, considérées à faible risque car éloignées d’un aéroport ou d’une zone protégée. On sait qu’on pourra voler jusqu’à 120 mètres d’altitude dans certaines de ces zones mais à 40 mètres dans des zones comprenant des lieux à risque. Ces zones sont elles-mêmes divisées en 3 catégories : catégorie A1 et A3, c’est pour les drones de moins de 25 kg et il faut avoir 14 ans et là, la formation est simplifiée avec seulement une formation en ligne en liaison avec l’administration aéronautique. La zone A2 comporte un peu plus de risques et là, le candidat doit présenter un examen devant l’administration. Mais tout cela se fait sans examen pratique réel et c’est le candidat qui décide lui-même s’il est apte à piloter. Mais il vaut mieux suivre des formations ne serait-ce que pour une question d‘assurance."

De nouveaux utilisateurs

Et cet assouplissement va doper un secteur désormais libéré de pesantes contraintes. C’est que jusqu’ici le vol était en principe interdit partout sauf dérogation. La logique s’inverse désormais et cela attirer de nouveaux utilisateurs : architectes, agriculteurs ou sociétés de gardiennage, ou agents du cadastre. Pour ces pilotes-là, il faudra obtenir un certificat spécifique mais les démarches seront simplifiées et cela va attirer beaucoup de nouveaux utilisateurs.

Et il existe une 3e catégorie, celle qui regroupe les transporteurs de personnes ou de marchandises. Mais si l’Europe commence à se positionner sur la question, on est encore loin d’une réglementation pour ce domaine du transport par drone.

Attention, zones protégées

Il y aura tout de même des zones protégées : les zones UAS (Unmanned Aircraft System) qui assureront la sécurité autour des zones militaires, des centrales nucléaires, des prisons, des domaines royaux ou des institutions internationales par exemple mais aussi les aéroports. Et c’est Skeyes, le contrôleur du ciel belge qui va les gérer, explique son patron Johan Decuyper. "Pour garantir la sécurité aérienne, nous imposerons des limitations très strictes dans ces zones, surtout autour des aéroports que nous gérons en Belgique. Et pour aider les pilotes, ces zones open figureront sur Droneguide, une application que vous pourrez charger sur votre smartphone ou votre tablette et sur laquelle vous pourrez, soit consulter la carte avec les zones d’exclusion aérienne (no-fly zones), soit savoir si vous êtes trop proche ou non d’un aéroport."

Pas besoin d’application par contre pour le Père Noel qui sait toujours où il vole ! Mais, s’il veut un jour remplacer son traîneau par des drones pour livrer ses cadeaux, il devra encore patienter quelques années…

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