Le cdH veut interdire la vente d'alcool dans les night-shops et sur les aires d'autoroutes

Le cdH veut la fin totale de la vente d'alcool dans les night-shops.

© NARINDER NANU - AFP

07 oct. 2020 à 09:13Temps de lecture3 min
Par RTBF

Pour lutter contre la consommation "nocive" d’alcool, notamment auprès des jeunes, le cdH propose d’interdire la vente de boissons alcoolisées dans les night-shops, sur les aires d’autoroutes, dans les distributeurs automatiques et la remise d’échantillons lors d’événements ou d’actions marketing. Un texte a été déposé en ce sens à la Chambre par la députée Catherine Fonck.

L’alcool fait partie intégrante de notre culture

Le cdH est actuellement dans l’opposition. Cette proposition au contenu radical aura-t-elle donc une chance d’aboutir ? En tout cas, elle va soulever le débat tant elle restreint l’accès aux boissons alcoolisées. "L’alcool fait partie intégrante de notre culture et sa consommation semble s’être banalisée dans notre société, quel que soit l’âge ou la classe sociale", rappelle la proposition.

"L’alcool est associé à divers aspects de notre culture tels que le savoir-vivre et l’art de la table, le raffinement et le prestige, tant dans le contexte familial qu’au sein de groupes de pairs. Il est également présent lors d’événements importants, soit pour les célébrer (nouvel an, réussite d’examen, départ d’un collègue, repas de famille, anniversaire, mariage) soit pour se déconnecter de la souffrance (séparation, échec, perte d’emploi, etc.)."

Féminisation, "binge drinking"

A côté, il ne faut pas oublier la culture brassicole belge, son poids économique et en termes d’emplois. Mais voilà, pointe les humanistes, il y a les dérives liées à une consommation non-contrôlée. "Une tendance à la surconsommation, avec notamment le 'binge drinking', boire dans le but d’atteindre l’ivresse, a fait son apparition et est en augmentation", notamment chez les jeunes.

"Autres phénomènes préoccupants auxquels on assiste : le rajeunissement, la féminisation de la consommation et une banalisation de l’ivresse, notamment par des sites sponsorisés par des alcooliers récompensant les plus belles cuites", pointe encore Catherine Fonck.

3,3 millions de décès par an dans le monde

Conséquences de cette consommation incontrôlée : des problèmes de santé et la mortalité. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 3,3 millions de décès sont attribués annuellement à l’alcool dans le monde. En Belgique, "l’alcool représente la plus grande cause de mortalité chez les jeunes, il s’agit ici principalement de décès survenus à la suite d’accidents de la circulation", rappelle la proposition.

Autre donnée avancée par le cdH, cette enquête menée par l’Institut scientifique de Santé Publique, en 2013, indiquant qu’un Belge sur dix âgé de 15 ans et plus qui a consommé de l’alcool au cours de sa vie rapporte avoir connu des problèmes liés à sa consommation.

Pour lutter contre la consommation inappropriée d’alcool, il y a la régulation du marché et les hausses des taxes sur les boissons alcoolisées. Sans oublier, dit le cdH, la mise sur pied d’un Plan national Alcool axé sur la prévention, la répression, la santé. Initié en 2008, celui-ci n’a "bénéficié d'un coup d'accélérateur" regrette Catherine Fonck.

Interdire la publicité qui encourage à une consommation irréfléchie

Avec sa proposition le cdH veut d’abord agir sur la disponibilité de l’alcool. Notamment via les magasins de nuit et les autoroutes. "La disponibilité des boissons alcoolisées dans notre pays est très élevée. Il est possible de se procurer des boissons alcoolisées à toute heure, notamment via l’achat dans les magasins de nuit et les stations-service. Cela entraîne des problèmes de santé publique, des débordements sur la voie publique et des problèmes de sécurité routière."

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Catherine Fonck souhaite également "l’interdiction de toute publicité qui incite ou encourage une consommation irréfléchie, exagérée ou illégale, qui cible les mineurs d’âge, qui présente la consommation de boissons alcoolisées comme un symbole de maturité". "Les jeunes constituent une catégorie particulièrement vulnérable face à la publicité."

Des aires d’autoroutes déjà sans alcool

Est-ce que la proposition des Humanistes a une chance d’aboutir ? Le cdH, on l'a dit, est dans l’opposition et ne compte que cinq députés fédéraux. A ce stade, la proposition n’a pas été cosignée par d’autres parlementaires.  Ce n'est pas la première fois que le cdH introduit ce texte. La dernière fois, c'était sous l'ancienne législature, nous rappelle la députée humaniste.

On le sait, depuis la crise du coronavirus, des autorités locales limitent voire interdire la consommation d’alcool sur la voie publique. C’est le cas de la Ville de Bruxelles, dans le centre-ville. Les communes de Schaerbeek, Saint-Josse et Evere interdisent la vente d’alcool après 22h (hors consommation dans les cafés ou les restaurants).

Certaines aires d’autoroutes ont également déjà anticipé les demandes du monde politique. L’aire de Bierges sur la E411 a été une des premières à ne plus vendre l’alcool. Idem du côté de l’aire de Waremme sur la E40. Ces sites dépendent de la Sofico, le gestionnaire public des autoroutes wallonnes.

Interdiction de vendre de l'alcool sur les aires d'autoroutes

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