Décès d'Elizabeth II

Le casse-tête diplomatique des funérailles d’État d’Elizabeth II à Londres

Le casse-tête diplomatique des funérailles d’État d’Elizabeth II à Londres.

© Tim Graham – Getty Images

19 sept. 2022 à 04:00Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Africa Gordillo

Des centaines de dignitaires étrangers et têtes couronnées sont à Londres pour les funérailles d’État de la reine Elizabeth II, véritable casse-tête sécuritaire et diplomatique entre privilèges accordés à certains et invités controversés. L’abbaye de Westminster accueillera quelque 2000 personnes. De nombreuses têtes couronnées ont notamment confirmé leur présence aux funérailles de la souveraine, qui a régné pendant plus de 70 ans.

Les têtes couronnées et Biden

Le roi Philippe et la reine Mathilde de Belgique sont arrivés dimanche soir à Londres et assisteront à la cérémonie. L’empereur Naruhito et l’impératrice Masako du Japon viendront pour leur premier voyage à l’étranger depuis leur accession au trône en 2019. Seront également présents le prince Albert II de Monaco, son épouse Charlene, le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, la reine Maxima et la princesse Beatrix, le roi Harald V de Norvège, mais aussi la reine Margrethe du Danemark, désormais seule reine régnante d’Europe.

Le président américain Joe Biden et son épouse Jill Biden, en tête de la liste des invités diplomatiques, ont atterri pour leur part été parmi les premiers à arrivés à Londres. Ils ont atterri samedi soir. Contrairement à d’autres dirigeants à qui il a été demandé de venir à l’abbaye à bord des bus affrétés par les autorités, Joe Biden a obtenu l’autorisation d’utiliser sa limousine présidentielle blindée, "The Beast".

Arrangements de dernière minute

Le Times s’amusait dans son édition dimanche en écrivant :"Peut-on avoir une petite pensée pour le responsable de l’Élysée qui a dû annoncer au président Macron qu’à Londres, il devrait monter dans le bus ? ". Le président français, qui sera en effet présent, aurait dit "non" au bus mais on ignore quels arrangements ont été trouvés.

Une autre difficulté réside dans le placement des invités, souligne le Times avec un humour so british : il faut "éviter tout risque que quiconque se sente offensé d’être placé derrière un pilier et s’assurer que personne n’en vienne à se battre".

Un défi

Outre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel qui vont faire le déplacement malgré les tensions suivant le Brexit, des personnalités parfois contestées figures parmi les invités. Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et brésilien Jair Bolsonaro seront là, ainsi que le prince saoudien Mohammed ben Salmane (MBS), régulièrement critiqué par des ONG pour de graves violations des droits humains dans son pays et écarté de la scène internationale après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite en Turquie en 2018.

Le président chinois Xi Jinping ne sera pas là, mais son vice-président Wang Qishan assistera aux funérailles, alors qu’une délégation officielle chinoise s’est vu refuser le droit de se recueillir devant le cercueil de la souveraine. Cet affront intervient après des sanctions prises par la Chine à l’encontre de parlementaires britanniques qui avaient critiqué son bilan en matière de droits humains.

La Russie et la Biélorussie font partie d’un petit groupe de nations qui seront exclues des funérailles de la reine après l’invasion de l’Ukraine, une mise au ban jugée "blasphématoire" et "immorale" par Moscou. La Birmanie, ancienne colonie britannique dirigée par une junte militaire sanctionnée par Londres, mais aussi la Syrie, l’Afghanistan et la Corée du Nord ont également été écartés.

"Nous sommes convaincus que les dignitaires du monde entier qui feront le voyage comprendront que c’est un défi de taille et une situation inhabituelle", a affirmé mardi un porte-parole du gouvernement, anticipant les critiques sur le protocole sécuritaire forcément pesant.

Plus de 2000 agents de tout le pays ont été recrutés pour épauler Scotland Yard à assurer la sécurité. Depuis l’annonce du décès de la reine, les incidents ont été rares lors des hommages, mais un homme a été inculpé pour trouble à l’ordre public après avoir quitté la queue et s’être approché du cercueil vendredi.

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