Le cancer colorectal : un dépistage précoce toujours d'actualité

Le cancer colorectal : un dépistage toujours d'actualité toute l'année

© Mohammed Haneefa Nizamudeen - Getty Images/iStockphoto

29 mars 2021 à 15:24Temps de lecture2 min
Par M. Allo

Le mois de mars est traditionnellement une période de sensibilisation au cancer du côlon. Et si on en parle, c’est parce que le dépistage à un stade précoce de la maladie peut permettre la guérison dans 90% des cas.

Les chiffres

Sur son site internet, la Fondation contre le cancer rappelle que le cancer colorectal (ou du gros intestin : ndlr) est le 4e cancer le plus courant en Belgique avec, pour l’année 2018, près de 8000 cas détectés. Cela représente 11% du nombre total de cancers. En 2016, 2742 personnes en sont décédées. Quant à la répartition, en 2018 toujours, 3572 femmes ont été diagnostiquées et 4288 hommes.

Le dépistage

En Fédération Wallonie-Bruxelles un dépistage gratuit est organisé tous les 2 ans pour les personnes entre 50 et 74 ans qui n’ont pas de symptômes ou de facteurs de risque.

A Bruxelles, après avoir reçu un courrier, vous pourrez vous rendre chez votre pharmacien pour obtenir le kit colotest qu’il faudra renvoyer à un laboratoire avec un prélèvement de selles fait à votre domicile. Le résultat vous sera communiqué par courrier, mais aussi à votre médecin par voie électronique.

En Wallonie, vous serez invité à vous rendre une première fois chez votre généraliste pour recevoir le test. Si celui-ci est négatif, vous le recevrez par la poste les années suivantes. Comme le souligne la Fondation contre le cancer, dans 97% des cas le test est négatif. Si celui-ci devait être positif, votre médecin vous proposera une coloscopie.

L’objectif du test, est de déceler la présence de sang, invisible à l’œil nu, dans les selles. "C’est important parce que c’est une tumeur qu’on ne dépiste pas au stade tumeur, mais au stade pré tumoral. Ce qu’on cherche en fait ce sont des polypes avant qu’ils ne deviennent des cancers" nous explique Alain Hendlisz, Chef de clinique d’oncologie digestive à l’institut Jules Bordet à Bruxelles. L’avantage à ce stade est qu’il est beaucoup plus simple de soigner la maladie. "Ça change tout en termes de traitement. Il suffit alors simplement d’aller " gratter " le polype pour l’enlever. Et si on l’enlève, il ne deviendra jamais un cancer".

Les chances de guérison

Ce spécialiste insiste, lorsqu’il s’agit d’un polype les chances de guérison sont de 100% pratiquement. Quand il s’agit d’une petite tumeur précoce c’est de l’ordre de 90%. "Et au fur et à mesure qu’on avance dans la maladie et que la tumeur devient de plus en plus importante, les chances diminuent. Au stade où les ganglions, par exemple, sont touchés par des cellules cancéreuses les taux de guérison spontanés sont de l’ordre de 50%. 1 chance sur 2 malheureusement". Un pronostic qui varie énormément du stade auquel on a détecté la maladie.

Symptômes

La plupart du temps un polype ou une petite tumeur ne se manifestent pas du tout. Cela veut dire que les saignements ne sont pas visibles, d’où l’importance du test. "Par contre", nous dit Alain Hendlisz, "on est déjà dans une situation où il faut avancer rapidement sur un diagnostic". Ces symptômes commencent à être connus à présent : pertes de sang dans les selles, modification de l’appétit, pertes de poids, etc.

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