Belgique

La ministre Schyns oeuvre-t-elle à l'"évangélisation détournée" dans les écoles?

Marie-Martine Schyns, ministre de l'Education

© LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

20 mai 2016 à 14:32 - mise à jour 20 mai 2016 à 14:32Temps de lecture1 min
Par Belga

Le centre d'action laïque (CAL) accuse la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns (cdH) d’œuvrer, de manière détournée, à "l'évangélisation" des classes primaires dans l'enseignement officiel.

En cause: une récente circulaire adressée par la ministre aux enseignants de 4e, 5e et 6e primaire relative aux ateliers "Philo-Théo" à organiser pendant l'année scolaire.

La circulaire ministérielle présente, de manière neutre selon le CAL, l'initiative comme le moyen de stimuler le questionnement des élèves à partir d'un texte de spiritualité, une œuvre d'art, ou un conte. La circulaire précise dans la foulée que ces séances seront animées par un "maître-assistant" et une "inspectrice" de l'enseignement.

Or, dénonce le CAL qui a creusé un peu le sujet, la ministre se garde bien de dire qu'il s'agit en réalité de deux personnes directement liées à l'enseignement catholique.

Évangile selon Luc

De plus, le dossier pédagogique réalisé à l'attention des enseignants renvoie vers des ouvrages relatifs à la religion catholique. Et le premier exercice pratique référencé dans le dossier porte sur un passage de l'évangile selon Luc, "reproduit in extenso comme support à la discussion", dénonce le CAL.

"Alors qu'il n'est pas le rôle d'un ministre de prendre position en faveur d'une opinion philosophique spécifique, Madame Schyns fait ouvertement mais de façon détournée la promotion d'une évangélisation des classes de primaire", estime-t-il.

Pour le CAL, cette initiative ministérielle est à mettre en parallèle avec la création, dès la rentrée prochaine en primaire, d'un nouveau cours de philosophie et de citoyenneté, en remplacement d'une des deux heures de religions ou morale.

"On voudrait faire rentrer par la fenêtre un cours de religion qui sort par la porte qu'on ne s'y prendrait pas autrement...", conclut le CAL.