Coupe du Monde 2022

Le Brésil et l’Argentine enchantent, la France et l’Angleterre en crise : l’état de forme des favoris avant la Coupe du Monde

L’Argentine, le Brésil et le Portugal en forme, la Belgique et l’Espagne dans le doute et la France et l’Angleterre en pleine crise.

© Belga

La Coupe du Monde approche à grands pas et à moins de deux mois du début de la compétition, les premières analyses sur l’état de forme des différents favoris commencent à se faire. Et si pour certains tout se passe bien, pour d’autres les inquiétudes commencent à grandir.

Tout se passe pour le mieux

Lionel Messi et Joaquin Correa ont le sourire, tout comme Neymar
Lionel Messi et Joaquin Correa ont le sourire, tout comme Neymar © Tous droits réservés

Deux pays font figure de grands favoris pour ce Mondial, le Brésil et l’Argentine. Il faut dire que les deux Sud-Américains alignent les victoires et semblent surtout imbattables.

Les équipiers de Lionel Messi ne se sont plus inclinés depuis plus de trois ans et une défaite en demi-finale de la Copa America face au Brésil (2-0). Depuis, l’Argentine s’est vengée et a remporté la Copa America face aux Brésiliens en 2021 et a enchaîné les victoires lors des qualifications pour la Coupe du Monde (35 matches sans défaite). En juin dernier, les Argentins ont également largement dominé l’Italie lors de la Finalissima (3-0). Si on rajoute à cela le fait que c’est la dernière Coupe du Monde d’un Lionel Messi retrouvé au PSG, on obtient sans aucun doute un des grands favoris de la compétition.

Le Brésil, l’autre grande nation sud-américaine, affiche lui aussi d’excellents résultats. Depuis 2019, la Seleçao n’a connu que deux fois la défaite. Deux fois contre le grand rival argentin, une fois en amical en 2019 et une fois en finale de la Copa America en 2021 (1-0). Avec un Neymar revenu au meilleur de sa forme et un Vinicius qui réalise un énorme début de saison, l’armada offensive brésilienne risque de faire des dégâts. Si la Seleçao reste solide défensivement, elle fait partie des favoris.

Si les Sud-Américains se portent bien, en Europe une sélection est aussi en bonne forme : les Pays-Bas. Les Oranje, qui ont manqué la Coupe du Monde 2018, ont retrouvé une génération capable de briller sous la houlette de Louis Van Gaal. 1-4 au Stade Roi Baudouin, 1-0 au retour à la Johan Cruyff Arena, les Diables ont mangé la poussière face à leur voisin. Deux matchs références pour les Oranje qui ont vu leur noyau prendre forme avec des jeunes pousses qui ont pris en maturité ces dernières années et des cadres qui ont repris du poil de la bête dans un 3-5-2 mis en place par Van Gaal qui semble convenir à merveille aux qualités des joueurs présents.

Quelques accrocs, mais pas de panique

Ilkay Gündogan, Jordi Alba et Charles De Ketelaere
Ilkay Gündogan, Jordi Alba et Charles De Ketelaere © Tous droits réservés

Après les équipes en forme, place à celles qui n’ont pas spécialement brillé ces derniers temps mais qui ont un potentiel pour faire quelque chose dans la compétition.

L’Allemagne était placée dans un groupe compliqué en Nations League, avec l’Italie, l’Angleterre et la Hongrie. Si la Mannschaft n’a pas fini première de son groupe, elle n’a perdu qu’un seul de ses six matchs, une défaite surprise face à la Hongrie à domicile (0-1) et a concédé quatre partages. Si Hansi Flick ne semble pas encore avoir trouvé son onze idéal, les jeunes Musiala, Schlotterbeck, Bella-Kotchap viennent s’ajouter aux cadres comme Sané, Gundogan ou Kimmich et l’association pourrait faire des ravages si la mayonnaise prend.

Placée dans le même groupe que la Mannschaft au Mondial, l’Espagne vit également une période de transition. À la recherche de résultats depuis les départs de Xavi, Iniesta et consorts, la Roja se reconstruit avec un mix entre anciens comme Alba, Busquets et Azpilicueta et la jeunesse avec Pedri, Gavi, Yeremi Pino, etc. Ce sont d’ailleurs ces jeunes, auteurs d’une entrée fracassante en terres portugaises, qui ont permis à l’Espagne de se qualifier in extremis pour le "Final Four" de la Nations League. Malgré cette qualification, les Espagnols ne sont jamais parvenus à se rassurer sur un match référence mais pourraient tout de même poser des problèmes à la Coupe du Monde avec un Luis Enrique sur le banc qui a souvent su trouver les bons ingrédients pour bien faire jouer sa Roja.

Le Portugal, lui, devait se trouver dans la catégorie "Tout se passe pour le mieux" aux côtés du Brésil, de l’Argentine et des Pays-Bas. Mais alors qu’elle semblait avoir trouvé l’équilibre autour de Cristiano Ronaldo, avec Bruno Fernandes, Bernardo Silva ou encore Rafael Leao, la Seleçao das Quinas s’est inclinée mardi face aux Espagnols. Il n’en reste pas moins que les Portugais figurent toujours parmi les outsiders du Mondial.

Nos Diables Rouges rentrent sans doute également dans cette catégorie. En difficulté lors des deux matchs face aux Pays-Bas, la Belgique a terminé deuxième de son groupe de Nations League en dominant notamment la Pologne et le Pays de Galles. Pas suffisant pour se rassurer, notamment en termes défensifs ou les plus anciens ne sont plus des valeurs sûres et où les jeunes ne semblent pas encore avoir les épaules assez solides pour prendre la relève. Le manque de tests à ce post lors des matchs amicaux pourrait bien coûter cher aux Diables. La situation d’Eden Hazard au Real Madrid et ses dernières prestations avec les Diables sont également des raisons de s’inquiéter.

C’est la crise

C’est la crise pour la France et l’Angleterre.
C’est la crise pour la France et l’Angleterre. Belga

Si certains se posent des questions, d’autres sont plongés dans le doute et dans la crise. C’est le cas de la France notamment qui pourrait bien être victime de la malédiction du champion du monde éliminé dès les poules lors de l’édition suivante. Malmenés en Nations League, les Bleus n’ont pris que cinq points en six matchs et sont passés tout proche de la descente en Ligue B. Minée par les blessures, la France n’a presque jamais aligné le même onze et a souvent été privée de ses éléments les plus importants. Benzema, Pogba, Lloris, Kimpembe, Coman, les frères Hernandez, Kante, la liste est longue comme le bras et Didier Deschamps a de quoi être inquiet. Un Mbappé critiqué pour ses comportements récents, un entrejeu si performant en 2018 et incertain pour 2022, un Benzema qui reviendra de blessure, l’approche du Mondial 2022 et la liste des sélectionnés risquent d’être un calvaire pour le sélectionneur des Bleus. Les attentes autour des champions du monde 2018 semblent de moins en moins hautes.

Rayon sélection embourbée dans les difficultés, on retrouve l’Angleterre. Quatrièmes en 2018, finalistes de l’Euro 2020, les Three Lions ont brillé lors des derniers grands tournois mais la magie Southgate ne semble plus opérer. Dernière de son groupe de Nations League et reléguée en Ligue B, l’Angleterre n’a pas brillé, s’inclinant deux fois contre la Hongrie, dont un humiliant 0-4 subi à domicile. Avec une génération de jeunes talents comme Bellingham ou Saka, l’Angleterre a des qualités. Mais aussi beaucoup de problèmes. Le choix du gardien semble compliqué, ni Pickford, ni Pope n’ont convaincu. La défense semble friable avec notamment un Maguire dépassé et les joueurs offensifs ne respirent pas la confiance lorsqu’ils enfilent le maillot blanc frappé des trois lions. Les questions sont donc nombreuses et il semble compliqué de pouvoir trouver toutes les solutions d’ici la Coupe du Monde.

Et les adversaires des Diables ?

Les adversaires des Diables seront coriaces.

On l’a dit, les Diables n’abordent pas le Mondial 2022 avec le plein de confiance. Mais qu’en est-il de leurs adversaires du groupe F. La Croatie tout d’abord est en pleine bourre. Un nul et une victoire face à la France, deux victoires face au Danemark, les Croates ont survolé leur groupe de Nations League. Moins en vogue à l’Euro, les équipiers de Modric ont repris du poil de la bête et ont trouvé ce qui ressemble à un bon mélange, en faisant du neuf… avec du vieux. Perisic continue d’arpenter son flanc gauche, le trio Modric, Kovacic, Brozovic rayonne au milieu, Lovren tient toujours la baraque derrière et les jeunes Gvardiol, Majer ou Sosa viennent apporter un plus à l’équilibre croate. Toujours difficiles à bouger dans les grands matchs, les Croates semblent une nouvelle fois bien placés pour embêter n’importe quel adversaire.

Vient ensuite le Canada. Plus difficile à cerner puisque de nombreux joueurs ne jouent pas en Europe. La ligne d’attaque est cependant bien connue des défenses de Pro League puisqu’on retrouve Jonathan David, Cyle Larin et Ike Ugbo. Le reste de l’effectif évolue en majorité en MLS et est donc forcément moins connu de la majorité des fans de foot européens. On peut toutefois citer des joueurs comme Eustaquio qui évolue à Porto ou évidemment comme le latéral du Bayern Munich, Alphonso Davies, arme principale des Canadiens et qui évolue un cran plus haut avec la sélection. En termes de résultats, les Canadiens ont alterné le chaud et le froid, s’inclinant notamment contre le Honduras et le Panama cette année mais capables de battre le Mexique et les Etats-Unis.

Dernier membre du groupe des Diables, le Maroc. Avec un changement d’entraîneur tout récent, les cartes ont été rebattues à moins de deux mois du Mondial. Si Vahid Halihodzic avait qualifié les Lions de l’Atlas, c’est Walid Regragui qui mènera la sélection à la Coupe du Monde. Une sélection marocaine qui a de l’allure et qui a notamment vu le retour d’Hakim Ziyech, en froid avec Halihodzic, et qui a donc effectué son retour suite au départ de celui-ci. Hakimi, Mazraoui, Ziyech, Harit, Belhanda, Boufal, le groupe marocain ne manque pas de qualité et compte également un petit contingent Pro League avec Selim Amallah ou les frères Mmaee. Vainqueurs du Chili (2-0) il y a quelques jours, les Lions de l’Atlas ont confirmé qu’ils seront à surveiller lors de cette Coupe du Monde.

Les états de forme sont évidemment volatils et les sélections sont forcément susceptibles d’évoluer car aucun pays n’est à l’abri d’une blessure importante. Reste qu’il est toujours préférable d’aborder une grande compétition avec des certitudes et en pleine confiance comme le sont le Brésil, l’Argentine ou les Pays-Bas, qu’en plein doute comme la France ou l’Angleterre.

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