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Un premier bilan sur l'état du beffroi de Tournai après 9 mois de fermeture

Haut de 72 mètres et surplombant la Grand-Place, le plus ancien beffroi de Belgique a occupé plusieurs rôles importants dont celui de tour de guet, de prison ou encore d’hôtel de ville. Il est situé à quelques mètres de la Cathédrale Notre-Dame de Tournai
17 mars 2022 à 06:40 - mise à jour 17 mars 2022 à 09:31Temps de lecture2 min
Par Nicolas Watrin

Reconnu comme patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999, le beffroi de Tournai est fermé au public depuis juin 2021. En cause : des questionnements au niveau de sa stabilité et de gros soucis d’infiltration d’eau. Aujourd’hui, après plusieurs expertises, on se veut rassurant.

Entre 1992 et 2002, l’édifice a fait l’objet d’une profonde rénovation. Mais de nouveaux problèmes jugés inquiétants ont entraîné sa fermeture en juin 2021 par mesure de précaution. L’agence wallonne du patrimoine a suspecté plusieurs déformations au niveau de la structure du bâtiment. Elle a constaté des infiltrations d’eau laissant des traces d’humidité et un penchement de son clocher. Elle a également émis des doutes quant à la stabilité de l’escalier. Son accès est donc depuis lors interdit au public et son carillon a cessé de sonner.

Pas si inquiétant que ça

Même si certaines critiques ont fusé quand la décision de fermer momentanément ce lieu emblématique a été prise, il s’agissait du bon choix pour le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois. " Il est évident que les Tournaisiens sont attachés à ce bâtiment. Dès que nous avons constaté les problèmes, nous avons choisi la sécurité en interdisant l’accès ".

Si ce monument est si important pour les habitants, c'est parce qu'il a une longue histoire qui débute en 1188. Cette année-là, le roi de France, Philippe Auguste, octroie une charte aux Tournaisiens dans laquelle il accorde le "droit de cloche" à condition que celle-ci soit abritée dans un lieu adapté. Un beffroi est donc érigé, lequel devient le symbole des libertés communales. Il a connu de nombreuses transformations au cours de l’histoire. 

Alors pas question de le voir se dégrader sans rien faire. Un marché a été lancé pour une étude qui a déjà coûté près de 150.000 euros" Des relevés par photogrammétrie ont été effectués dans le but d’évaluer l’état de l’édifice et de voir s’il y a des déformations. Il nous fallait des plans d’ensemble du bâtiment ", précise Nicolas Gyömörey, architecte au bureau DDGM architectes. Il est cependant impossible à ce jour d'estimer le coup total des travaux.

Les premiers résultats sont plutôt rassurants. " Aujourd’hui, le patient est certes malade, mais il n’est pas à l’agonie. Il est en stade d’observation ", rassure Paul-Olivier Delannois.

Nicolas Gyömörey est titulaire d'une maîtrise en restauration des Monuments. Membre du DDGM architectes, il travaille en collaboration avec le bureau d'historiens ARCHistory et la société PROTOTYPE
Nicolas Gyömörey est titulaire d'une maîtrise en restauration des Monuments. Membre du DDGM architectes, il travaille en collaboration avec le bureau d'historiens ARCHistory et la société PROTOTYPE Nicolas Watrin

Au niveau de l’escalier de 257 marches, pas d’inquiétude à avoir. Il est parfaitement stable malgré les fissures apparentes.

Pour ce qui est du clocher, " on sait qu’il y a des déformations bien connues des Tournaisiens. L’important, c’est de veiller à ce que la situation ne s’aggrave pas et de voir s’il y a encore du mouvement. Quoi qu’il en soit, on ne le redressera pas ", indique Nicolas Gyömörey.

C’est principalement dans les deux galeries, où les visiteurs déambulent pour observer le panorama en 360°, qu’il y a un souci d’étanchéité. L’eau s’est infiltrée dans la maçonnerie au niveau de ces terrasses, notamment via les éclairages installés il y a quelques années. C’est là qu’il faut intervenir en priorité, avant cet été.

Dans un second temps, un travail de restauration en profondeur sera mené sur le monument (la charpenterie, les fissures apparues dans la cage d’escalier, la maçonnerie externe, …) et nécessitera de plus gros moyens.

Les cloches du carillon « re »tinteront bientôt…

La bancloque servait autrefois à annoncer les dangers ou les incendies. Aujourd'hui, elle ne peut pas sonner. D'autres études de stabilités doivent encore être effectuées.
La bancloque servait autrefois à annoncer les dangers ou les incendies. Aujourd'hui, elle ne peut pas sonner. D'autres études de stabilités doivent encore être effectuées. Nicolas Watrin

Si l’édifice restera inaccessible au public jusqu’à la fin des travaux prioritaires, le carillon automatique indiquant les quarts d’heure sera remis en route de façon symbolique dès le printemps.

Les concerts des carillonneurs reprendront normalement dès le dimanche de Pâques. Par contre, des analyses devront encore être effectuées au niveau de la bancloque.

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