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Le 18 novembre 1973, ce Jour-là les voitures restent au garage. Le mardi 07 décembre 21h15 sur la Une.

06 déc. 2010 à 10:37Temps de lecture3 min
Par RTBF Culture



 L’enjeu stratégique est à deux pas : les vastes champs pétroliers. L’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, tente depuis plusieurs années déjà d’obtenir l’augmentation des prix du baril. Le conflit israélo-arabe précipite les choses : le pétrole devient une arme de guerre. Redoutable.

 Les cinq pays arabes membres de l’OPEP - et l’Iran - relèvent unilatéralement le prix du baril : celui-ci va tripler, quadrupler même. Ils décident aussi de réduire leurs exportations de 5% par mois et frappent d’embargo les pays qui soutiennent Israël. Nos gouvernements découvrent la puissance des monarchies pétrolières.

 Les mesures décrétées par l’OPEP en octobre 1973, sur fond de décolonisation pétrolière, font l’effet d’une bombe. En Belgique, comme ailleurs, c’est le sauve-qui-peut. On envisage d’abord de réduire la vitesse sur les routes, tandis que certains pays comme la Grande-Bretagne connaissent des rationnements drastiques dans la distribution d’essence.

 Chez nous, c’est décidé : on ne pourra pas dépasser les 100 km/h sur les autoroutes et les 80 sur les routes ordinaires. Le chauffage des bâtiments publics sera limité à 20° C. Les écoles n’ouvriront plus le samedi matin. L’éclairage public sera strictement limité. La vie quotidienne change.

 Pendant ce temps, le dimanche 4 novembre 1973, nos voisins hollandais doivent ressortir les bicyclettes. Ils inaugurent les dimanches sans voitures qui vont s’étendre à plusieurs pays. En Belgique, ce sera le 18 novembre.

 Ce dimanche-là, les Belges se réveillent dans un silence inhabituel. Dans les villes et les villages du royaume, le climat est bon-enfant. On n’arrête pas de circuler, on circule autrement, en train, à cheval, en char à voile, à vélo ou… pedibus jambis.



 L’enjeu stratégique est à deux pas : les vastes champs pétroliers. L’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, tente depuis plusieurs années déjà d’obtenir l’augmentation des prix du baril. Le conflit israélo-arabe précipite les choses : le pétrole devient une arme de guerre. Redoutable.

 Les cinq pays arabes membres de l’OPEP - et l’Iran - relèvent unilatéralement le prix du baril : celui-ci va tripler, quadrupler même. Ils décident aussi de réduire leurs exportations de 5% par mois et frappent d’embargo les pays qui soutiennent Israël. Nos gouvernements découvrent la puissance des monarchies pétrolières.

 Les mesures décrétées par l’OPEP en octobre 1973, sur fond de décolonisation pétrolière, font l’effet d’une bombe. En Belgique, comme ailleurs, c’est le sauve-qui-peut. On envisage d’abord de réduire la vitesse sur les routes, tandis que certains pays comme la Grande-Bretagne connaissent des rationnements drastiques dans la distribution d’essence.

 Chez nous, c’est décidé : on ne pourra pas dépasser les 100 km/h sur les autoroutes et les 80 sur les routes ordinaires. Le chauffage des bâtiments publics sera limité à 20° C. Les écoles n’ouvriront plus le samedi matin. L’éclairage public sera strictement limité. La vie quotidienne change.

 Pendant ce temps, le dimanche 4 novembre 1973, nos voisins hollandais doivent ressortir les bicyclettes. Ils inaugurent les dimanches sans voitures qui vont s’étendre à plusieurs pays. En Belgique, ce sera le 18 novembre.

 Ce dimanche-là, les Belges se réveillent dans un silence inhabituel. Dans les villes et les villages du royaume, le climat est bon-enfant. On n’arrête pas de circuler, on circule autrement, en train, à cheval, en char à voile, à vélo ou… pedibus jambis.

 

C’est un beau dimanche ensoleillé. On en oublie jusqu’à la gravité de la situation. Mis à part quelques distraits, l’interdiction sera respectée. Ce jour-là, quelque chose s’est passé dans les mentalités : l’impression encore diffuse que l’époque est en train de changer.

 Les dimanches sans voiture ont sans doute ouvert les yeux du public sur l’importance vitale qu’a pris le pétrole dans notre vie quotidienne. Mais les « vieilles habitudes » reprendront vite le dessus… Et le slogan « mon auto, c’est ma liberté » sera à nouveau de rigueur, une fois l’alerte passée. Et pourtant…

 En deux siècles à peine, l’homme aura brûlé tout le pétrole que la nature a mis des millions d’années à produire. Dans quelques décennies, les réserves disponibles seront vides… Energie magique, le pétrole a permis un développement industriel et technologique sans précédent. Mais que se passera-t-il à la fin de cette parenthèse enchantée ?

 Un dossier de Bernard Balteau et Jean De Waele

Vidéos d’archives Sonuma.

http://blog.sonuma.be/

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