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Lauriane Belin, lauréate du Prix du Hainaut des Arts Plastiques 2022 pour le Centre des Recherches Infinies

Lauriane Belin, Les mots ne veulent rien dire

© Pascal Goffaux

Lauriane Belin, née en 1994, vit à Tournai. Diplômée en juin dernier de l’Académie des Beaux-Arts de sa ville, elle remporte le Prix du Hainaut des Arts Plastiques 2022 avec le Centre des Recherches Infinies, fondé en 2021, dans le but de rencontrer l’autre ou l’inconnu, en l’associant à son travail et en partageant la place du créateur.

Déjà en 2018, le collectif Moindres Choses qu’elle créée avec Louise Duvinage et Luna Lambert mène des actions artistiques dans l’espace public. L’irruption de la poésie se produit dans des lieux improbables et scelle la rencontre avec autrui. L’humain est au rendez-vous. L’instant devient un diamant de sens et de beauté.

Le Centre des Recherches Infinies procède pareillement. A l’entame, l’approche est littéraire. L’objet de la recherche est formulé telle une petite annonce à l’humour décalé adressée à tout un chacun. La réalisation plastique donne ensuite corps au rêve que suscitent les mots.

Pour que rien ne se perde

Je recherche 5 sacs de plâtre et une bibliothèque en bois de 2 mètres sur 4 d’une profondeur de 50 centimètres, pour réaliser l’inventaire des objets et des choses appartenant au souvenir, dont les demi-moulages en plâtre d’objets quotidiens qu’elle contiendra ressembleront approximativement au demi-moulage en plâtre de théière, Pour que rien ne se perdre.

Le demi-moulage d’une théière est déposé sur une palette en bois.

Une fiche de recherche ou parfois même une carte postale avec l’adresse du Centre des Recherches infinies est à la disposition de toute personne qui désire participer à la réalisation de l’œuvre, mais il est loisible à qui veut de créer son installation imaginaire, en rêvant à tous les possibles, car le travail plastique ne montre pas tout. Il recèle un potentiel d’images qui appartient à la personne qui regarde.

Ce(ux) qui reste(nt)

Une photo couleur montre deux personnes de sexe opposé. L’une a posé la tête sur l’épaule de l’autre qui place sa main sur le bras de la première. Un seul visage est visible, le regard est tourné vers le sol.

Je recherche quelques personnes ayant perdu quelqu’un ou quelque chose pour poursuivre une série de photographies dont le titre est " Ce(ux) qui reste(nt) " dont existe déjà le portait d’Esteban et de sa petite sœur Manon.

Si vous connaissez quelqu’un qui a perdu quelqu’un ou quelque chose et qui accepterait d’être photographié (ou si vous êtes cette personne), merci de me contacter au 0475 62 53 18.

Lauriane Belin, Pour que rien ne se perde
Lauriane Belin, Ce(ux) qui reste(nt), Esteban et Manon
Lauriane Belin, Trop, trop peu
Lauriane Belin, Je garde tout dedans
Lauriane Belin, Début/Fin

Trop/trop peu

Côte à côte une lampe à huile et une profusion de fils à coudre qui semblent s’auto-générer ou se multiplier sous nos yeux sans aucune intervention extérieure. Une œuvre en expansion, non finie. A l’instar de la communication humaine où la construction de la relation est infinie, l’œuvre ne semble pas achevée.

Je garde tout dedans

Une boîte à couverts, ouverte, contient une forme en plâtre et des dents de lait. L’expression " garder tout dedans " paraît paradoxale. Elle sous-entend que rien ne paraît. Mais que ne montre pas la pièce qui retient tout à l’intérieur ?

Lauriane Belin transcende la création contemporaine. Elle rompt avec la posture de l’artiste tout puissant qui fait figure de démiurge dans sa tour d’ivoire. Elle ouvre grandes les portes du Centre des Recherches Infinies au visiteur qui poursuit la création anonyme et collective, sans apposer en bas de l’œuvre une signature unique. Lauriane Belin irait jusqu‘à dissoudre son identité.

Je cherche un photographe et une maquilleuse capables de me transformer en d’autres afin de réaliser une série de photographies entre le travail de Cindy Sherman et La comédie humaine de Balzac.

Une exposition réunissant tous les participants du Prix du Hainaut des Arts Plastiques 2022 se tient aux Anciens Abattoirs, 17, rue de la Trouille, à Mons, jusqu’au 30 octobre. Lauriane Belin, la lauréate, montre l’état de ses recherches.

Le Centre des Recherches infinies, 50, rue Roc Saint-Nicaise, 7500 Tournai.

Lauriane Belin au micro de Pascal Goffaux

Lauriane Belin, le Centre des Recherches Infinies, Prix du Hainaut 2022

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