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Laurette Onkelinx: "Avec l'annonce de la démission Geens-Jambon, ils ont cassé le deuil national"

L'acteur en direct

Laurette Onkelinx

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25 mars 2016 à 08:25 - mise à jour 25 mars 2016 à 08:253 min
Par Sandro Faes et B.Henne

À peine terminé le temps du recueillement, place aux interrogations. Et pour y répondre, ou pour les poser, Bertrand Henne recevait ce vendredi matin la cheffe de groupe PS à la Chambre, Laurette Onkelinx, sur le plateau de Matin Prem1ère.

Ils ont, cassé le deuil national

Passé les hommages, fidèle à son rôle de membre virulente de l’opposition, celle qui fut également ministre de la justice de 2003 à 2007 sous Verhofstadt II, regrette d'emblée que l’annonce de la double démission Geens-Jambon, refusée par le Premier ministre, ait été portée à la connaissance de toutes et tous, une heure avant la cérémonie d’hommage place de la Nation. " Ils ont, cassé le deuil national alors que pour le moment des familles cherchent à savoir si un homme, un enfant, peuvent être sauvés. Sur le moment, j’ai trouvé que cela était indécent ".

Mais cela c’était hier. "À partir d’aujourd’hui, les questions vont commencer à se poser. Pourquoi des questions ? On veut savoir si le drame pouvait être évité", précise-t-elle. Une question aussi grave que versatile, par rapport à laquelle Laurette Onkelinx reconnaît avoir sa réponse: "J’ai une intime conviction, mais en même temps je pense qu’il faut dépasser son intime conviction, voir les faits et les analyser".

Les ministres eux-mêmes semblent dire que des fautes importantes ont été commises

Et la cheffe du PS bruxellois de la laisser poindre, en embrayant d’emblée sur le fait que des erreurs ont été commises: "Les ministres eux-mêmes semblent dire que des fautes importantes ont été commises par les services. De police, services de renseignement, parquet. Il faut en avoir le cœur net. C’est grave comme accusations que les ministres eux-mêmes portent sur les services et peut-être sur eux-mêmes. Et cela donne raison aux médias étrangers qui nous critiquent ".

En cause, le fait que l’un des kamikazes de Zaventem ait pu se rendre deux fois en Syrie, revenir sur le sol européen, et tout cela sans aucune réaction des autorités belges, alors que la Turquie avait prévenu notre pays. "Qu’est-ce que la Turquie a dit à la Belgique ? À qui ? Qu’est-ce que l’on a fait de ces informations ?"

À cela Laurette Onkelinx ajoute le questionnement relatif au 21 août 2015 lorsque le tribunal d’application des peines casse la libération conditionnelle du futur kamikaze: " Normalement, immédiatement ont doit décerner un mandat d’arrêt international ".

Et de poursuivre sa déconstruction sur l’information selon laquelle la police de Malines aurait possédé l’information clef concernant la planque de Salah Abdeslam depuis trois mois, sans la communiquer. "Vous imaginez, on aurait retenu une information pendant des mois. Il y aurait une guerre des services de police comme à l’époque de Dutroux", persifle la vice-présidente PS.

Enfin, Laurette Onkelinx veut faire la lumière sur ce que le gouvernement Michel a fait pour protéger le pays lorsqu’ils ont été informés du premier attentat: " Très tôt le matin, on apprend l’attentat à Zaventem. On sait ce qui s’est passé, notamment à Paris, par deux fois. Il y avait eu l’attentat Charlie Hebdo et puis l'hypermarché Casher. Et puis en novembre, il y a avait eu le Stade de France, les terrasses et le Bataclan. Qu’est-ce qu’ils ont déclenché pour protéger le pays? "

Pas faire dans le poujadisme ou le sensationnalisme

Quatre questions, derrière lesquelles l’intime conviction de Laurette Onkelinx a pourtant du mal à se dissimuler, même si elle s’en défend. "Je veux faire mon travail correctement. Pas faire dans le poujadisme ou le sensationnalisme. Aller au bout de cette commission d’enquête pour répondre les yeux dans les yeux aux familles des victimes".

Car en filigrane, LA question saute aux yeux: "La Belgique (et son gouvernement) n’a-t-elle pas été à la hauteur des événements ?"

Pour pouvoir y répondre, la cheffe de l’opposition prône la transparence complète, ou presque. "Je crois qu’il faut ouvrir complètement le débat. La question du terrorisme n’est évidemment pas liée à une gestion locale. Il faut voir comment le pays, les régions, les communautés et les communes travaillent par rapport, notamment, à une jeunesse désœuvrée".

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