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Laurent de Saint-Luc, à la découverte de ce compositeur et luthiste belge du XVIIe siècle

Laurent de Saint-Luc, à la découverte de ce compositeur et luthiste belge du XVIIe siècle
27 oct. 2021 à 12:002 min
Par Xavier Falques

Notre patrimoine regorge de trésors musicaux, un fonds patrimonial qui dépasse largement le cadre de la période belge institutionnelle. À l’occasion des 50 ans du label Musique en Wallonie, Xavier Falques nous fait découvrir un compositeur et luthiste dont l’existence n’est confirmée que depuis quelques années, Laurent de Saint-Luc.

Nous le savons peu, mais notre pays a participé aux beaux jours du luth, qui va finalement laisser place à la guitare dans le courant du XVIIIe siècle. Parmi les noms célèbres à l’époque, les Lucas de Saint-Luc, pères et fils. Et si, Jacques de Saint-Luc a déjà fait l’objet de quelques recherches, l’existence de son fils Laurent n’est confirmée que depuis quelques années. En réalité, comme le précise Manuel Couvreur, les chercheurs supposaient déjà de l’existence d’un autre Saint-Luc que Jacques, puisqu’une carrière de 90 années au XVIIe siècle a de quoi soulever des doutes.

Jacques de Saint-Luc, père de Laurent de Saint-Luc. Gravure (datée 1641) de A. Van der Does d'après Gerard Sehgers.

C’est donc à Manuel Couvreur et à son livret de l’enregistrement des suites pour luth seul de Laurent de Saint-Luc que l’on doit des précisions sur la vie intéressante, mais encore pleine de zones d’ombre, de ce musicien. Laurent de Saint-Luc est probablement né à Bruxelles en 1669, en tout cas, c’est en la cathédrale des Saints Michel et Gudule qu’il est baptisé le 10 août de la même année. Il apprend le théorbe et le luth, mais se fera aussi remarquer à la guitare qui commence à prendre plus de place dans le milieu musical.

C’est probablement vers 1695 au moment du bombardement de la ville de Bruxelles par les Français que Laurent quitte nos contrées pour la France et la Cour du Roi où son père, sans y être officiellement installé, avait déjà pu se produire. Il en ira de même pour Laurent. Après Paris, est-ce pour des raisons économiques ou parce que le clavecin prend les devants la scène, Laurent part pour Vienne où il écrira plusieurs pièces qui offrent une vision musicale de la ville des Habsbourg.

Ses pièces pour luth sont intéressantes dans leur mise en image de sons. Par exemple, on trouve une série de pièces dont les titres évoquent des victoires de batailles ayant eu lieu durant la guerre de succession d’Espagne comme La défaite des Français devant Turin ou encore La réduction de Naples. Mais si la musique de Saint-Luc laisse place à quelques marches et quelques pièces aux sonorités militaires, son esthétique n’en est pas pour autant chargée. Au contraire, on y distingue clairement la mélodie posée sur son accompagnement. Par contre, Saint-Luc reste globalement fidèle à la suite de danse, genre caractéristique de la musique instrumentale baroque, mais sait y ajouter une touche personnelle. Il compose également plusieurs pièces isolées.

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