Laurence Vielle

Laurence Vielle lit "La légende des légendes" du poète turc Nazim Hikmet, figure majeure de la poésie mondiale

09 oct. 2020 à 09:57Temps de lecture2 min
Par Laurence Vielle

Laurence Vielle nous fait découvrir le poème de l’une des figures majeures de la poésie mondiale : "Légende des légendes", de Nazim Hikmet.


Le texte

Nous sommes au bord de l’eau, le platane et moi.

Notre image apparaît dans l’eau, le platane et moi.

Le reflet de l’eau nous effleure, le platane et moi.

Nous sommes au bord de l’eau, le platane, moi et puis le chat.

Notre image apparaît dans l’eau : le platane, moi et puis le chat.

Le reflet de l’eau nous effleure, le platane, moi, et puis le chat.

Nous sommes au bord de l’eau, le platane, moi, le chat et puis le soleil.

Notre image apparaît dans l’eau, le platane, moi, le chat et puis le soleil.

Le reflet de l’eau nous effleure, le platane, moi, le chat et puis le soleil.

 

Nous sommes au bord de l’eau, le platane, moi, le chat, le soleil, et puis notre vie.

Notre image apparaît dans l’eau : le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

Le reflet de l’eau nous effleure, le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

Nous sommes au bord de l’eau,

Le chat s’en ira le premier, dans l’eau se perdra son image.

Et puis je m’en irai, moi, dans l’eau se perdra mon image.

Et puis s’en ira le platane ; dans l’eau se perdra son image.

Et puis l’eau s’en ira,

le soleil restera, puis à son tour il s’en ira.

Nous sommes au bord de l’eau

le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

L’eau est fraîche, le platane est immense,

moi j’écris des vers, le chat somnole,

nous vivons Dieu merci, le reflet de l’eau nous effleure,

le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

La poésie, c’est la vie qui passe dans un homme et qui emporte toute sa mort.

Serge Pey 

Nazim Hikmet, un poète de légende

Nazim Hikmet est certainement le plus grand poète turc du XXe siècle et certainement le plus connu du monde occidental. Passionné et fortement engagé politiquement, ce personnage va passer de nombreuses années en prison. Libre, il sera traqué, poursuivi et menacé pour subversion, délits de mots, et contraint à l’exil. Son génie a été de concilier la poésie des mots et l’action sociale et politique.

Grand rénovateur de la poésie contemporaine, Nazim Hikmet a connu la chape de plomb du pouvoir en Turquie. Quinze années de prison, la perte de sa nationalité et un exil de douze ans en Union soviétique. Lorsqu’il décède à Moscou en 1963,"le Turc errant" est devenu une figure majeure de la poésie mondiale.

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