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Regard sur...

L’asexualité, ce tabou de société

Doc No sex
23 mai 2022 à 04:05 - mise à jour 23 mai 2022 à 07:342 min
Par Fanny Guéret

Dans notre société hypersexualisée et où la performance règne en maître, comment vivent celles et ceux qui n’ont pas ou plus de rapports sexuels ? Qu’elle soit choisie ou subie, l’abstinence suscite un malaise. Le documentaire "No sex" a recueilli les témoignages de sept hommes et femmes qui racontent sans détour l’absence de sexe dans leur quotidien.

Le sexe : on y pense, on l’expérimente, il nous préoccupe, il nous abreuve aussi au quotidien dans les pubs, les films, les romans, sans parler du porno sur internet. Il est considéré comme un besoin ou une envie primordial, parfois une incitation à le consommer. Il y a ceux qui le vivent de façon épanouie et libérée et il y a ceux qui le vivent sous pression en le faisant rimer avec cadence et performance.

Mais comment vivent ceux qui ont (ou pas) décidé de se priver d’une vie sexuelle ? On les appelle les abstinents sexuels, les asexuels. Et dans ce documentaire, chacun raconte son expérience de vie avec beaucoup de sincérité. Et aucun n’est dupe de la façon dont la société les perçoit : comme s’il leur manquait quelque chose, comme une tare, un genre de handicap même… en un mot, avec une certaine cruauté.

No sex

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Des témoignages précieux

Chantal, 60 ans, a réalisé qu’elle couchait souvent avec un homme pour obtenir de l’amour, et qui, après la séparation douloureuse d’avec le père de son enfant peu de temps après la naissance de celle-ci, a senti que son corps faisait "un refus absolu du sexe". Elle a vécu des années avec sa fille sans plus aucune relation avec un homme parce qu’elle n’en avait plus envie. Et elle pense que c’est "grâce à ce désert qu’elle a traversé qu’elle connaît aujourd’hui du désir et du plaisir".

À 29 et 26 ans, Jérémy et Coralie, eux, n’aiment tout simplement pas le sexe et n’ont pas envie de se forcer à en faire. Ils considèrent que c’est dans leur nature et définissent leur relation amoureuse autrement. Mais ils sentent que la société qui a libéré l’image du sexe pour la pousser vers l’hypersexualité génère une image de coolitude. Du coup, ils sont vus comme tristes et ennuyants par leur entourage !

Quant à François, 47 ans, il pense avoir été idéaliste depuis son plus jeune âge. Cherchant l’amour, il a été très déçu lors de sa première expérience sexuelle. Il subit douloureusement sa seconde longue période d’abstinence sexuelle depuis maintenant 7 ans avec pratiquement aucune occasion de rencontre. Pour François, "ne plus avoir de vie sexuelle, c’est ne plus avoir de vie tout court". Ce qui l’a déjà amené à penser au suicide.

Sophie, Léna et Loïc témoignent aussi de leurs rapports à la sexualité et de ce qui les a amenés à stopper leur vie sexuelle, tous dans un contexte très différent, et tous dans un face-à-face avec eux-mêmes empreint d’une grande franchise et lucidité.

 

"No sex", ce lundi 23 mai à 20h35 sur La Trois, sera suivi d’un débat animé par Julie Morelle et ses invités :

 

  • Camille Nérac, sexologue clinicienne, thérapeute de couple et animatrice EVRAS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle).

  • Mark Hunyadi, philosophe, éthicien, professeur de philosophie sociale, morale et politique à l’UC Louvain.
  • Rudy Dogenik, fondateur du Groupe asexuel francophone belge, témoin
  • Sophie Hermant, témoin

 

 

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