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Belgique

L’artiste Jan Fabre condamné à 18 mois de prison avec sursis, une partie des faits étant prescrits

29 avr. 2022 à 07:25Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle avec agences

L’artiste plasticien Jan Fabre a été condamné par le tribunal correctionnel d’Anvers, à 18 mois de prison avec sursis, une partie des faits étant prescrits. Le tribunal a estimé que six des 12 préventions à charge de Jan Fabre étaient avérées et il a été acquitté pour une septième.

Rattrapé par la vague #metoo en 2018, le Flamand de 63 ans, était poursuivi pour "violence, harcèlement ou harcèlement sexuel au travail" à l’égard de 12 ex-collaboratrices de sa compagnie "Troubleyn".

Les faits reprochés portent sur la période 2002-2018. En juin 2021, à l’issue de trois ans d’enquête, l’Auditorat du travail d’Anvers, section spécialisée du parquet, avait décidé de renvoyer Jan Fabre devant la justice pénale.

Une peine de trois ans de prison ferme avait été requise. Pour l’une de ses collaboratrices, une prévention d’attentat à la pudeur avait été retenue par le ministère public.

Les faits présumés se sont déroulés au sein de la compagnie Troubleyn, où régnait depuis des années, selon le ministère public, un environnement de travail toxique. Plusieurs anciens collaborateurs avaient ainsi dénoncé Jan Fabre et s’étaient portés partie civile dans l’affaire.

La défense s’était appuyée, quant à elle, sur les déclarations de travailleurs de la compagnie "Troubleyn" favorables à l’artiste.

 

Palais de Justice d’Anvers
Palais de Justice d’Anvers RTBF Stéphanie Lepage

Lors du procès, les parties civiles ont dépeint Jan Fabre comme un homme tyrannique, qui n’hésitait pas à humilier régulièrement les danseuses avec lesquelles il travaillait, allant jusqu’à exercer sur certaines d’entre elles un chantage à caractère sexuel.

Comme souvent en pareil cas, Jan Fabre qui n’était pas présent au procès avait récusé toutes les accusations portées contre lui, plaidant par la voix de son avocat, un tempérament fort et des exigences artistiques comme tout metteur en scène, ce qui peut créer des tensions mais en aucun cas être assimilé à du harcèlement professionnel ou sexuel.

Dans son jugement, le tribunal n’a pas suivi cette ligne de défense, estimant plusieurs préventions établies. Plusieurs parties civiles, dont l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, seront indemnisées.

Les œuvres (dessins, sculptures) de Jan Fabre, l’un des artistes de Belgique les plus connus à l’étranger, ont été exposées régulièrement en Europe, de Venise à Paris en passant par Saint-Pétersbourg. En 2002, il avait revêtu le plafond de la salle des glaces du palais royal de Bruxelles d’1,4 millions d’élytres de scarabées aux reflets bleu et vert, l’une de ses réalisations les plus connues.

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