Hip-Hop

L’architecture hip-hop ou l’art de mettre du rythme dans la ville

Olalekan Jeyifous a imaginé ce à quoi ressemblerait Lagos en 2050 dans sa série "Shanty Megastructures" ("mégastructures de bidonvilles improvisées", en français).

© Photographie Image Courtesy of MODA and Sekou Cooke Studios

16 oct. 2022 à 13:15Temps de lecture2 min
Par AFP

À première vue, le hip-hop et l’architecture n’ont strictement rien en commun. L’un est une ode à la liberté tandis que l’autre est plus rigide et immuable. Pourtant, ces deux expressions de la culture ne font qu’une dans le cadre de "l’architecture hip-hop". Un concept architectural auquel le Museum of Design d’Atlanta s’intéresse dans une nouvelle exposition.

L’exposition "Close to the Edge : The Birth of Hip-Hop Architecture" a été curatée par Sekou Cooke. Cet architecte et universitaire américain s’est particulièrement fait connaître pour son essai "The Fifth Pillar : A Case for Hip-Hop Architecture", publié en 2014 dans la revue The Harvard Journal of African American Planning Policy. Il y écrit que le hip-hop "n’existerait pas sans l’architecture, l’urbanisme et la planification urbaine".

Et pour cause, le hip-hop est né en réaction aux politiques sociales de renouveau urbain lancé par Robert Moses, le maître-bâtisseur de New York à qui l’on doit notamment le Cross Bronx Expressway. La construction de cette autoroute a entraîné le déplacement de populations entières, majoritairement afro-américaines et hispaniques, dans de véritables terrains vagues à l’est de Brooklyn et au sud du Bronx. Ces quartiers insalubres vont servir d’incubateurs à ce courant musical, ce qui pousse des architectes comme Sekou Cooke et Mike Ford à affirmer que Robert Moses est "le vrai père du hip-hop".

L’exposition du Museum of Design d’Atlanta s’inscrit dans la continuité de l’essai de Sekou Cooke, et montre comment l’architecture hip-hop ne cesse de se développer depuis 25 ans. Elle s’appuie sur le travail d’une trentaine de pionniers qui conçoivent des espaces et des bâtiments traduisant "l’énergie et l’esprit du hip-hop en forme construite". Parmi eux, Ujijji Davis, Nina Cooke John, Olalekan Jeyifous ou Mauricio Zamora.

Un rôle de catalyseur

Olalekan Jeyifous a fait de Lagos sa principale source d’inspiration. Ce résident de Brooklyn, sorti en 2000 diplômé de la prestigieuse université Cornell, a imaginé ce à quoi ressemblerait la métropole nigériane aux 15,4 millions d’habitants en 2050 dans sa série "Shanty Megastructures" ("mégastructures de bidonvilles improvisées", en français). Il imagine une ville où de gigantesques cabanes en tôle surplombent les quartiers résidentiels haut de gamme. Une façon de rendre visibles les plus pauvres.

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C’est là tout le propos de l’architecture hip-hop : questionner la ville et la validité de son aménagement. Le hip-hop sert de catalyseur au processus architectural de conception, et lui insuffle sa spontanéité, son histoire et son universalité. L’exposition "Close to the Edge" témoigne du lien intrinsèque entre la rue et les cultures urbaines à travers des études de façades, des propositions de développement urbain, des stratégies d’installation et des plans de bâtiments. De quoi pousser les citadins à s’interroger sur les dynamiques qui ont façonné leur environnement quotidien.

Les visiteurs du Museum of Design d’Atlanta pourront découvrir l’exposition "Close to the Edge : The Birth of Hip-Hop Architecture" du 15 octobre 2022 jusqu’au 29 janvier 2023.

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