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Carnets d'opéra

Lalla-Roukh à Wexford : quand la princesse moghole devient irlandaise

Carnets d'opéra

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Dans ses Carnets d’opéra, Nicolas Blanmont nous parle de Lalla-Roukh de Félicien David au Festival de Wexford, en Irlande.

Le Festival de Wexford avait déjà redonné sa chance à Félicien David en 2016 en montant son Herculanum, un opéra dramatique sur fond d’éruption du Vésuve. Cette année, la manifestation irlandaise spécialisée dans les opéras oubliés remettait le couvert avec Lalla-Roukh, opéra-comique créé à Paris en 1862 et qui connut près de quatre cents représentations dans la capitale française jusqu’à la fin du XIXe siècle, sans parler des nombreuses traductions dans d’autres langues.

Pour cette production, la metteuse en scène Orpha Phelan contourne habilement l’obstacle d’un exotisme un peu suranné (l’histoire est celle du mariage arrangé entre la fille du Grand Moghol et le Roi de Boukhara, l’actuel Ouzbékistan) en ajoutant un personnage de narrateur contemporain qui raconte l’histoire comme un conte de fées dont il invente les personnages. Et comme le livret de David est tiré d’un roman de l’auteur irlandais Thomas Moore, ce narrateur parle évidemment un anglais parfois teinté de gaélique, ce qui remplace opportunément les dialogues parlés en français.

Sous la direction compétente et enthousiaste de Steven White, on retrouve avec plaisir la soprano française Gabrielle Philiponet, ancienne lauréate du Concours Reine Elisabeth en 2008 : elle est éblouissante dans le rôle de Lalla-Roukh, astucieusement rebaptisée ici (sur la vitrine du salon de thé qu’elle tient) Leila O’Rourke.

Un spectacle qui sera prochainement diffusé par Arte.

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