"L’alarme harcèlement": un bouton d’alerte en format poche pour lutter contre les violences de genre

14 mars 2022 à 13:25 - mise à jour 14 mars 2022 à 14:52Temps de lecture2 min
Par C. Biourge avec S. Heyndricks

Les autorités judiciaires du pays ont présenté ce lundi matin à Gand leur "alarme harcèlement". Un bouton de la taille d’une pièce d’un euro environ, qu’il suffit de presser quelques secondes pour alerter la police.

Grâce à un système Bluetooth relié à l’application 112 téléchargée sur le GSM de la victime, le dispatching de la police voit directement qu’il s’agit d’une urgence. Il peut alors directement identifier la victime, entendre ce qu’il se passe, géolocaliser la personne et envoyer une patrouille pour lui venir en aide.

L’avantage de ce système est que c’est rapide et discret. L’agresseur ne voit pas que la victime appelle la police, car le bouton est caché, dans la poche d’une veste, par exemple.

Bref, un outil supplémentaire pour lutter contre le harcèlement alors que la police enregistre chaque année plus de 20.000 plaintes. Une manière aussi de lutter contre les féminicides.

Un système qui a déjà fait ses preuves

Ce système a déjà fait ses preuves à Gand où il est testé depuis 2019 auprès de 40 personnes.

Au cours de cette période, 21 alertes ont été suivies d’une intervention et ont donné lieu à dix arrestations. En moins de 10 minutes, la police était sur place pour mettre en sécurité la victime et ses enfants. Les victimes sont principalement des femmes âgées de 30 à 40 ans ; et les harceleurs, tous des hommes.

Lors de l’évaluation, il est clairement ressorti que près de 9 femmes sur 10 se sentent nettement plus en sécurité grâce à cette alarme. Il en ressort également, qu’après 6 mois, en moyenne, l’alarme harcèlement n’est plus nécessaire. 70% des victimes n’ont d’ailleurs plus porté plainte, ce qui pourrait indiquer que l’alarme harcèlement a un effet dissuasif, selon les autorités.

Comment se procurer l’alerte harcèlement ?

Pour pouvoir bénéficier de ce boîtier, il suffit de s’adresser à la police où un service spécialement dédié à cette problématique est en place. Et si c’est le parquet qui décide d’attribuer le bouton, c’est sur base d’une analyse de risques effectuée par la police.

"On regarde le profil du suspect, du compagnon ou de l’ex-compagnon, et c’est le parquet qui décide. Mais on a testé le système à Gand et on peut donner un bouton dans la demi-heure", précise le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne. "Pour le moment, c’est vrai que c’est limité aux victimes de harcèlement très violent d’un ex-compagnon. A terme, on pourrait l’élargir à d’autres situations, mais faut qu’il y ait une situation où la vie de la personne est en danger".

Pas encore disponible partout

Depuis le début du mois de mars, le système est appliqué en Flandre orientale et occidentale avec 490 boutons actuellement disponibles. Mais il faudra attendre 2023, "au plus tard", pour que le système soit étendu à tout le pays ; le temps d’acheter le matériel nécessaire pour approvisionner toutes les provinces et s’assurer que le système fonctionne correctement.

Précisons L’alarme harcèlement est une des mesures mise en œuvre dans le cadre du Plan d’action national de lutte contre les violences de genre 2021-2025, coordonné par Sarah Schlitz, Secrétaire d’État à l’Egalité des genres, à l’Egalité des chances et à la Diversité.

La réforme du droit pénal sexuel proposée par le ministre Vincent Van Quickenborne sera votée au Parlement cette semaine. Entre-temps, 6 centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS) ont été ouverts et 4 autres sont prévus pour les mois à venir.

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