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L’Afrique du Sud, laboratoire mondial de l’Omicron : hausse rapide, plus de jeunes touchés… mais pas encore de conclusions

Variant Omicron : il paraît plus contagieux mais est-il plus dangereux ?

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Le nombre de Sud-Africains infectées par le Covid a explosé ces deux derniers séjours, passant de 4300 à 11.500, essentiellement dans la province de Gauteng (Pretoria-Johannesburg). "On n’a jamais assisté à une hausse aussi rapide", a constaté ce vendredi matin le ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla. Selon lui, cette quatrième vague, causée par le nouveau variant Omicron, a démarré, mi-novembre, sur un campus de Pretoria.

La première analyse du génome de l’Omicron a été réalisée, le 19 novembre, par l’équipe de Jinal Bhiman, chercheuse à l’Institut sud-africain des maladies infectieuses. "J’ai été choquée en découvrant ses 52 mutations, dont 32 dans la pointe du virus, qui le rend beaucoup plus contagieux", raconte-t-elle.

Plus sévère ? "Il faudra attendre au moins deux semaines pour le savoir"

"Les personnes déjà infectées par le Delta ou vaccinés seront moins bien protégées, poursuit Jinal Bhiman. Mais ce variant va-t-il provoquer des maladies plus sévères ? Il faudra attendre au moins deux semaines pour le savoir. Les vaccins devront sans doute être adaptés."

Selon elle, il y a de fortes chances que l’Omicron supplante le Delta dans le monde entier.


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"La réaction de panique des pays riches n’a aucun sens. Au lieu d’aider l’Afrique du Sud, on la punit, en fermant les frontières. Notre économie a déjà tellement souffert et ce n’est pas bon pour le moral des gens."

A l’hôpital privé Montana, à Pretoria, le docteur Jacques Koning a soigné 14 malades du Covid en une semaine : "Les gens hospitalisés sont plus jeunes qu’avec les variants précédents, mais c’est peut-être lié au fait qu’on est au début de la quatrième vague. Ils souffrent d’infections des voies respiratoires supérieures, pas pulmonaires, comme pour les variants précédents. Certains sont extrêmement fatigués comme cette femme qui n’arrêtait pas de s’endormir. Mais les symptômes risquent de changer quand des gens plus âgés sont infectés".

La plupart des hospitalisés ont entre 10 et 39 ans

A Johanneburg, l’Omicron se répand vite. Un tiers des personnes testées sont positives.
A Johanneburg, l’Omicron se répand vite. Un tiers des personnes testées sont positives. Valérie Hirsch

Jusqu’à présent, 2900 personnes ont été hospitalisées, dont très peu en soins intensifs. La plupart ont entre 10 et 39 ans. "C’est trop tôt pour dire si ce variant touche plus les jeunes, renchérit Michele Groom, de l’Institut sud-africain des maladies infectieuses. Beaucoup sont hospitalisés deux ou trois jours, par mesure de précaution, parce qu’il y a de la place. Certains patients ont été testés positifs alors qu’ils étaient déjà à l’hôpital, comme les femmes enceintes dont certaines ont transmis le virus à leurs bébés. La majorité de ces patients n’étaient pas vaccinés."

Seulement 25% de vaccinés

En Afrique du Sud, seulement 25% de la population a été vaccinée contre le Covid-19. La couverture est meilleure chez les plus de 60 ans (53%). Le gouvernement multiplie les campagnes de vaccination. Mais les réticences – alimentées par les médias sociaux – sont nombreuses, surtout dans les townships.


►►► A lire aussi : Le variant Omicron du coronavirus : ce que l’on sait déjà (et ce que l’on ignore encore)


J’étais sceptique face aux vaccins parce que je ne connais pas leurs effets secondaires", confie Mbongeni Khumalo, malade du Covid depuis une semaine. "J’ai eu une très forte fièvre et beaucoup toussé. Je me suis senti très mal." Malgré cette épreuve, Khumalo paraît toujours réticent à se faire vacciner.

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