L’accord de paix au Haut-Karabakh provoque la colère en Arménie, des manifestants envahissent le parlement

Le peuple s'est rassemblé devant les bâtiments gouvernementaux à Yerevan pour protester contre le cessez-le-feu.

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10 nov. 2020 à 09:32Temps de lecture2 min
Par RTBF avec agences

La police arménienne a repris ce mardi matin à Erevan le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement, après l’intrusion aux premières heures ce mardi d’émeutiers mécontents de la signature d’un cessez-le-feu marquant une défaite du pays au Nagorny Karabakh.

Dans la nuit, des dizaines de personnes ont pénétré par effraction dans le bâtiment du gouvernement, brisant portes et fenêtres, et cassant des meubles, exigeant de voir le Premier ministre.

Une vidéo mise en ligne par un journaliste montre des manifestants jetant des bouteilles d’eau et de désinfectant pour les mains sur un autre groupe. Le président du Parlement aurait également été battu, et laissé inconscient.

Les forces de l’ordre ont repris le contrôle de la situation au Parlement ce mardi dans la matinée. La route y menant a été coupée à la circulation, et l’imposant bâtiment vidé des protestataires. Ceux-ci restaient néanmoins à déambuler et à discuter dans le parc de l’Assemblée, dont les grilles ont été laissées ouvertes.

Vers 9h30 heure locale (05h30 GMT), un cordon de policiers antiémeute, casques sur la tête et boucliers en avant, était positionné devant le gouvernement, sur le parvis du bâtiment, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le Premier ministre Pashinyan a déclaré que les personnes impliquées dans les troubles seraient punies.

Des manifestants ont été arrêtés à Yerevan.
Des manifestants ont été arrêtés à Yerevan. © Tous droits réservés

Rassemblements place de la République

Des milliers de personnes se sont également rassemblées pendant la nuit sur la place de la République à Erevan, après que le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a signé un accord de cessez-le-feu négocié par la Russie, cédant une partie du territoire contesté.

"La décision a été prise sur la base d’une analyse approfondie de la situation de combat et en collaboration avec les meilleurs experts", a déclaré M. Pashinyan à propos de l’accord sur les réseaux sociaux.

Dans la matinée, la circulation automobile était revenue à la normale sur la vaste place, mais une vingtaine de manifestants mécontents déjà rassemblés là faisaient mine par moments, sans vraiment y arriver, de bloquer l’avenue Abovian à l’aide de poubelles et de bancs publics.

Des manifestations prévues dans la journée

Ailleurs dans la capitale, la situation semblait relativement normale. Mais des protestataires ont appelé à de nouvelles manifestations mardi pour dénoncer l’accord de cessation des hostilités annoncé dans la nuit par le Premier ministre Nikol Pachinian.

Le texte, signé sous la houlette de la Russie, consacre la défaite de l’Arménie face aux forces azerbaïdjanaises au Nagorny-Karabakh, après six semaines d’affrontements, les plus sanglants depuis près de 30 ans.

Peuplé aujourd’hui quasi exclusivement d’Arméniens à la suite d’une guerre des années 1990, cette région a fait sécession alors de l’Azerbaïdjan.