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LABOR le bonheur au travail ? y a du boulot

WaleadBeshty, Apple Macbook Pro A1229 ( 2015)

Automatisation, burn out, mondialisation, lutte ouvrière… le travail et ses bouleversements accompagnent la mutation de nos sociétés. Treize artistes belges et internationaux réunis au Centre d’Action Laïque de Charleroi portent un regard sans concession sur le travail au XXIe siècle.

Patrick Carpentier, We Shall Rest, 2010
Patrick Carpentier, We Shall Rest, 2010 © Xavier Ess

Disons-le d’emblée, LABOR vous donne envie de donner votre démission (si vous avez un boulot) dans l’heure. Comme l’écrivent les deux curateur.trices, Emmanuelle Indekeu et Hervé Charles, les révolutions industrielles liées à l’énergie puis aux technologies numériques ont conduit à "une aliénation du travailleur, simple maillon de la chaîne de production." Le PC portable présenté embroché sur une tige d’aluminium se passe de commentaires. Une œuvre de l’artiste Walead Beshty qui ouvre l’expo, juste après le tableau de Lucien Stoppele, ancien sidérurgiste qui peint l’intérieur des usines qui furent son quotidien durant 35 années.

Lucien Stoppele, La cokerie de La Providence à Marchienne-au-Pont, 2000
Lucien Stoppele, La cokerie de La Providence à Marchienne-au-Pont, 2000 © Xavier Ess

Travail à l'arrêt

Le "We Shall Rest", "nous nous reposerons" du belge Patrick Carpentier fait évidemment référence à l'épuisement, physique ou mental, du travailleur et travailleuse ou encore à l'horizon de la retraite voire, nous dit-on, au repos éternel. L'interruption du travail, la grève, la lutte sociale sont abordées par Jean-Luc Moulène qui a photographié des "objets de grève"; objets fabriqués par les ouvriers qui s'approprient la chaîne de production et vendent l'objet pour soutenir les grévistes. Le paquet de cigarettes Gauloises "pantinoises", qui a abandonné le bleu clair pour le rouge, est fabriqué lors des 19 mois de grève de la Manufacture des tabacs de Pantin qui fermera en 1982. 

Jean-Luc Moulène, La Pantinoise
Jean-Luc Moulène, La Pantinoise © Xavier Ess

Matériau humain

Ruben Bellinkx, Double Bind, 2020
Ruben Bellinkx, Double Bind, 2020 © Xavier Ess

Une des œuvres les plus subtiles (avec les sabots de Tyler Coburn) est la troublante video " Double Bind " du belge Ruben Bellinkx. Trois hommes, noirs et musclés, montent un échafaudage et deviennent progressivement un de ses composants. Le montage se fait méthodiquement, en silence et dans une grande concentration. Les trois hommes, sur les épaules l’un de l’autre sont réduits à une armature qui tient toute la structure. La video en plan fixe se prolonge sur 11 minutes. Au fur et à mesure de la durée, une tension s’installe. La fatigue aura-t-elle raison des hommes ? On évalue la résistance du matériau. L’origine africaine des trois hommes n'est pas anodine. Elle renvoie aux questions d’exploitation et de passé colonial.  

Ruben Bellinkx, Double Bind, 2020
Ruben Bellinkx, Double Bind, 2020

En pratique : 

LABOR exposition de groupe 

10.06 > 02.07.2022

CAL Charleroi Rue de France, 31

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Le lundi 27 juin de 18:00 > 20:00

Réflexion sur le travail, entre passion et burn-out
Conférence  de Pascal Chabot
Les "Sabots" (2016) de Tyler Coburn, impression 3D en ABS (un polymère thermoplastique) sont un produit de l'économie automatisée, manipulés uniquement pour l'emballage
Les "Sabots" (2016) de Tyler Coburn, impression 3D en ABS (un polymère thermoplastique) sont un produit de l'économie automatisée, manipulés uniquement pour l'emballage © Tous droits réservés

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