RTBFPasser au contenu
Rechercher

Actualités locales

L’Abeille Blanche : une ancienne usine de margarine à Molenbeek devenue paradis des tatoueurs

L’Abeille Blanche est située le long du canal à Molenbeek

Le long du canal à Molenbeek, un espace artistique a établi ses quartiers depuis le mois de décembre dans une ancienne usine destinée à la fabrication de margarine. Tatoueurs, designers, dessinateurs : "L’Abeille Blanche" est un espace de rencontre pour les artistes de tous horizons. Cet espace de coworking artistique se veut inclusif.

Douze tatoueurs en résidence

Au premier étage, dans un vaste salon de tatouage, Boris Sandron, alias Pickle Head, a sorti l’aiguille. Il tatoue une de ses créations sur la cheville de Laetitia : une bouteille de bière psychédélique, traversée de jour et de nuit, "censée symboliser la vie nocturne et sa sage débauche".

Une bouteille tatouée pour la vie pour signifier la vie nocturne et sa débauche maîtrisée
Une bouteille tatouée pour la vie pour signifier la vie nocturne et sa débauche maîtrisée Tom Denis / RTBF

Boris a étudié l’illustration et le graphisme à Montpellier. Il y a neuf ans, il s’est installé à Bruxelles pour se lancer en tant qu’artiste peintre pour, par la suite, dévier vers le tatouage. "Je tatoue souvent des dessins issus de mon imaginaire. Les gens vont alors se les approprier. Ces flashs tattoos (ndlr : des petits dessins de tatouages prêts à être tatoués) vont leur rappeler un souvenir ou vont simplement les faire marrer. Parfois, ces dessins sont assez bêtes avec des jeux de mots… En gros ce n’est pas du tatouage qui se prend très au sérieux", explique Pickle Head qui définit également son style comme relevant de la "BD et du cartoon".

Pickle Head est l’un des tatoueurs résidents de l’Abeille Blanche
Pickle Head est l’un des tatoueurs résidents de l’Abeille Blanche Tom Denis/ RTBF

Après quatre mois de fonctionnement, une douzaine de tatoueurs débutants ou confirmés se sont installés dans les locaux de cette ancienne usine. Leurs créations sont exposées dans des books à l’entrée du bâtiment. Parmi ces artistes, il y a également la jeune Audrey, elle vient de se lancer. "Mon nom de tatoueuse est 'Chrysantm", entame-t-elle. Audrey utilise la technique de ce qu’on appelle dans le monde du tatouage : le 'dotwork' ou autrement dit le 'pointillisme'. Elle définit son style comme étant "ornemental, floral et animal".

"J’ai commencé en janvier et c’était un rêve depuis longtemps. Le tatouage permet d’exprimer ses opinions. Il peut aussi permettre aux personnes de se représenter, d’accepter un vécu, de porter sur soi une rencontre, un souvenir ou une expérience. J’aime beaucoup participer à ce processus", confie la jeune tatoueuse de 23 ans.

Audrey est l’une des résidentes tatoueuses
Audrey est l’une des résidentes tatoueuses Tom Denis/ RTBF

Autre profil, autre histoire : Nathalie alias ‘Flora Nera’est tombée tard dans le tattoo. "J’ai retrouvé la passion du dessin que j’avais en étant plus jeune et de fil en aiguille je me suis dirigée vers le tatouage", se souvient Nathalie qui a commencé à dessiner sur les corps des autres en 2019. "Être entourée de ces autres tatoueurs et artistes est une chouette expérience. Nous pouvons échanger ensemble dans un esprit familial. C’est une bonne opportunité pour se développer".

Nathalie est l’une des résidentes tatoueuses de l’Abeille Blanche
Nathalie est l’une des résidentes tatoueuses de l’Abeille Blanche Tom Denis/ RTBF

Vers un hub international ?

L’Abeille Blanche se rêve comme un hub international pour tatoueurs et artistes. Plusieurs Français ont déjà rejoint l’aventure ainsi qu’un Argentin, de son pseudo : Gatonero. Il a commencé le tatouage il y a six ans. "J’ai trouvé dans le tattoo un moyen de m’épanouir professionnellement. C’est un moyen en quelque sorte de vendre facilement mes dessins", explique Alejandro. L’artiste compose des œuvres qu’il décrit d’inspiration médiévale ou de tradition japonaise.

Alejandro est Argentin, membre de l’Abeille Blanche
Alejandro est Argentin, membre de l’Abeille Blanche Tom Denis/ RTBF

Un espace inclusif

Le projet de l’abeille Blanche est parti d’un constat que rencontrent certains membres de la communauté LGBTQ + dans leurs rapports avec le monde du tatouage. "Souvent, nous sommes très mal reçus", explique Marcus, l’un des Co créateurs du concept. "Surtout les personnes en début de transition", précise-t-il. Marcus, lui-même tatoueur, a en effet été confronté quand il habitait en Suisse à des comportements désagréables de certains professionnels de salon. Il a décidé de déposer ses bagages à Bruxelles là où une bonne réputation LGBT + friendly semble être partagée. "Nous avons voulu créer un endroit où tout le monde se sent bien avec un esprit familial".

Le projet propose également un espace de coworking pour les artistes qui veulent se fixer dans un environnement inclusif.

Marcus et Jonathan, les deux créateurs de l’Abeille Blanche
Marcus et Jonathan, les deux créateurs de l’Abeille Blanche Tom Denis/ RTBF

Sur le même sujet

"Corbais on water", des dîners insolites sur l’eau dans une carrière du Brabant wallon

Le top des activités

Ce tatouage est capable de mesurer votre pression artérielle

High tech

Articles recommandés pour vous