Regions Hainaut

La vie de château n'est plus ce qu'elle était : elle coûte (beaucoup) plus cher aujourd'hui !

Châteaux : éviter le gouffre financier

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

08 janv. 2020 à 15:15Temps de lecture2 min
Par Mathieu Van Winckel, Daniel Barbieux

La Belgique possède le plus grand nombre de châteaux au kilomètre carré. Des centaines de châteaux sont éparpillés sur tout le territoire. Seulement voilà : leur entretien coûte cher et leurs propriétaires doivent avoir de l’imagination pour faire rentrer de l’argent.

Bioul : un château qui s’ouvre à la gastronomie

Le château de Bioul

Le château de Bioul (Anhée), près de Maredsous, est en parfait état avec dix hectares de vignes. La famille de Vanessa Wyckmans-Vaxelaire a fait fortune dans la grande distribution mais aujourd’hui cette châtelaine a du mal à se promener l’esprit léger car son château lui coûte très cher : "Ce sont des frais permanents comme le chauffage et l’entretien général. Il faut le chauffer si vous voulez qu’il reste en bon état, il faut l’entretenir, ce qui est obligatoire. Et puis alors il y a les réparations qui sont toujours plus compliquées qu’une maison traditionnelle."

La vente du vin ne rapporte pas grand-chose. Par contre, le public est invité à pousser les portes et à s’installer dans la peau du châtelain. Et ça, ça cartonne : "On a ouvert un restaurant gastronomique qui restera ouvert jusqu’en mars et donc les gens vont avoir une expérience château qui est géniale. Franchement : revoir les feux allumés, les pièces chauffées, le monde… et puis on prend l’apéritif au salon, on va à table, … Que du bonheur, vraiment !"

Des chambres d'hôtes au château de Tromcourt

Le château de Tromcourt à Couvin

Casser l’isolement, c’est aussi ce que recherche le seul gestionnaire du château du Tromcourt à Couvin. René Julien Walgraffe gère des chambres d’hôtes à bout de bras dans une demeure qui demande beaucoup d’entretien : "Tous les ans, on essaie de faire un petit poste travaux et le gros poste qu’il y a dans le futur c’est le poste pour le toit parce qu’il devient très vieux et qu’il faudrait le changer."

Les chambres d’hôtes sont tout juste suffisantes pour nouer les deux bouts et même si René-Julien peut profiter d’un château, ce n’est pas la grande vie : "C’est vrai que ce n’est pas aussi simple que ça. Maintenant, quelqu’un qui tient un manoir, un château ou une vieille bâtisse comme ça, il doit faire attention à beaucoup de choses."

Château Bivort : un gouffre pour les fonds publics

Le château Bivort à Fontaine-l'Evêque

Autre château : celui de Fontaine-l’Evêque, le château Bivort, où c’est l’administration communale qui occupe les lieux. Un cadre prestigieux mais avec le même problème : un entretien fort coûteux. Pour Gianni Galluzzo (PS), le bourgmestre de la localité, il s’agit, par exemple, d’infiltrations d’eau avec la charpente qui a été bien attaquée. Et de poursuivre : "Les problèmes d’humidité attaquent aussi les murs. Alors, on vient de les traiter tant bien que mal par nos services pour essayer de trouver une solution provisoire."

Mais ce château est aussi le cauchemar du responsable financier : la toiture doit être changée pour un million d’euros. Et les factures de chauffage sont effrayantes avec un camion de mazout qui vient livrer, chaque semaine, plus de 3.000 litres de mazout.


Ici, pas question de chambres d’hôtes ou de dégustations de vins : ce sont des fonds publics qui devront intervenir. A moins que les autorités ne finissent par abandonner pour construire du neuf.

Articles recommandés pour vous