On n'est pas des pigeons

La vente de produits bios recule pour la première fois depuis dix ans

Bio, vrac, local: ventes en recul

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Les chiffres de l’année 2021 ne sont pas encore publiés, mais les signaux envoyés par les commerçants sont clairs. "Depuis quelques mois, effectivement, les ventes sont en recul dans la plupart des magasins spécialisés dans le bio", explique Ariane Beaudelot, de l’association BioWallonie. Mais il faut dire que l’année 2020 avait été exceptionnelle, avec une croissance de 13%. Si on compare avec une année classique, comme 2019, il convient plus de parler de stagnation que de baisse pour 2021."

Gueule de bois post Covid

Le bio suivrait donc le mouvement observé dans le secteur du circuit court : une petite gueule de bois post-Covid. Plusieurs facteurs expliquent ce coup de mou. Le double confinement de 2020, le télétravail, l’annulation des voyages, la fermeture des restaurants ont modifié les comportements commerciaux et les habitudes alimentaires. Les gens avaient plus de temps pour aller faire leurs courses dans des commerces de proximité et sans doute aussi pour cuisiner. Ce qui a bénéficié au secteur du bio et du circuit court plutôt qu’aux grandes surfaces. Mais avec le retour progressif à une vie à peu près normale en 2021, un certain nombre de clients ont repris le chemin des supermarchés et d’une alimentation plus industrielle.

La baisse du pouvoir d’achat

La baisse du pouvoir d’achat des ménages est une deuxième explication. Avec la hausse du coût des matières premières, les prix dans les magasins augmentent et le pouvoir d’achat des consommateurs diminue. C’est l’inflation. Or les produits bios sont en moyenne plus chers que les conventionnels.

En comparant des produits comparables, dans un supermarché, nous avons constitué un petit échantillon de 5 aliments de base : une botte de poireaux, un paquet de céréales, une bouteille de jus d’orange, un sachet de pâtes et une bouteille de lait. Verdict du ticket de caisse : 8,28 euros pour le conventionnel et 9,52 pour le bio. Dans notre échantillon, les poireaux bios étaient trois fois plus chers que les conventionnels ; par contre les deux bouteilles de lait étaient au même prix.

"Cela varie très fort d’un produit à l’autre mais on estime que le bio coûte effectivement entre 20 et 30% plus chers que le conventionnel", estime Ariane Beaudelot. C’est n’est évidemment pas une stratégie de marketing du secteur, mais une conséquence des coûts de production plus élevés. Pour se passer de pesticides, les agriculteurs bios doivent cultiver des parcelles plus petites et consacrer plus de main-d’œuvre à leurs cultures.

Vers une croissance plus légère ?

Mais pour beaucoup de ménages qui ont vu leur facture d’électricité et de gaz multipliée par deux ces derniers mois, le poste alimentaire est un de ceux sur lequel il est possible de faire des économies. "Ce ne sera pas uniquement sur les produits bio, estime pour sa part Nicolas Borman, le gérant du Delhaize de Salzinnes. "Les économies vont toucher un peu tous les produits. Par exemple, acheter une bouteille de vin à 8 euros au lieu de 15."

Malgré ce coup de mou, la confiance dans le secteur bio semble rester assez bonne. "Les deux tiers des commerçants que nous avons sondés", explique Ariane Beaudelot, "s’attendent à une croissance légère dans les années qui viennent."


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