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Journal du classique

La soprano américaine Jessye Norman s'est éteinte à l'âge de 74 ans

La soprano américaine Jessye Norman s'est éteinte à l'âge de 74 ans
01 oct. 2019 à 08:56 - mise à jour 01 oct. 2019 à 08:562 min
Par La rédaction

Le monde de l’opéra est en deuil, la grande cantatrice américaine Jessye Norman est décédée ce lundi 30 septembre à New-York, à l’âge de 74 ans, des suites d’une septicémie.

Née en 1945 à Augusta en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis, Jessye Norman s’initie dès l’enfance aux spirituals, musiques vocales et sacrées. Après ses études, elle part en Europe où elle remporte en 1968 le Concours ARD de Munich. Elle est alors engagée à l’opéra de Berlin, elle n’a alors 23 ans. Cinq années plus tard, elle débute en France dans Aïda.

"La beauté et le pouvoir, la singularité de la voix de Jessye Norman: je ne me souviens pas d'autre chose de semblable", déclarait en 2014 la Prix Nobel de littérature Toni Morrison, décédée elle-même en août dernier, lors d'une soirée d'hommage à Jessye Norman. "Je dois dire que parfois lorsque j'entends votre voix, cela me brise le cœur. Mais à chaque fois, lorsque j'entends votre voix, cela soigne mon âme", avait poursuivi l'écrivaine.

Jessye Norman défendait également des causes humanitaires comme la lutte contre la faim, sensibiliser au sort des sans-abri, elle a également défendu l’éducation artistique et culturelle. Sa dernière venue en Belgique remonte à 2012 où elle avait reçu à Gand un "We are music Awards".

On se rappelle son timbre sombre majestueux interprétant Wagner mais également Schumann.

Hommage de Camille De Rijck à Jessye Norman

Pourquoi Jessye Norman est devenue culte et pourquoi beaucoup de gens sont marqués par sa disparition ?

Jessye Norman c’était d’abord une stature.

Quand on la voyait sur scène il y avait quelque chose presque de l’ordre la divinité grecque avec cette stature impressionnante et cette figure de tragédienne. Pour ce rendre compte de l’ampleur de cette personne, de son emprise physique qu’elle avait sur la scène, il faut voir le moment où elle chante la marseillaise en 1989 enveloppée dans le drapeau français pour fêter le bicentenaire de la prise de la Bastille.

Cette voix quasi polysémique qui en elle-même  avait plusieurs définitions : cette voix grave qui faisait d’elle une mezzo-soprano, cette voix aiguë qui faisait d’elle une soprano wagnérien.  C’était un peu l’alpha et l’oméga et c’est pour cela que pratiquement tous les grands chefs de la deuxième partie du 20e siècle ont travaillé avec elle : Karajan, Bernstein, Boulez, Minkowski avec lequel elle a fait ses adieux à la scène c’était au théâtre du Chatelet dans le rôle de Didon et Enée.

Lamentation de Didon - Dido and Aeneas de Purcell

Jessye Norman - A Portrait - When I Am Laid In Earth (Purcel

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Des hommages du monde lyrique

Depuis lundi soir, les hommages se multiplient. 

"Le Met pleure Jessye Norman, l'une des plus grandes sopranos des 50 dernières années", a indiqué le grand opéra new-yorkais où elle s'est produite plus de 80 fois, dans un répertoire allant de Wagner à Poulenc, en passant par Bartok, Schönberg et Strauss.

"Elle était l'une des plus grandes artistes à chanter sur notre scène", a souligné le directeur du Met Peter Gelb. "Son souvenir vivra à jamais".

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