Santé & Bien-être

La santé mentale, mal aimée de la recherche, est sous-financée

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29 août 2022 à 16:00 - mise à jour 30 août 2022 à 07:50Temps de lecture2 min
Par Johanne Montay

Comment pallier le sous-financement de la recherche en santé mentale ? Elle est moins développée et fortement sous-financée par rapport à la recherche en santé physique. Pourtant, une personne sur trois, en Belgique, est confrontée à un problème de santé mentale au cours de sa vie. Les coûts indirects de ces problèmes de santé mentale sur le marché du travail représentent 2,3% du Produit Intérieur Brut (PIB), soit le pourcentage le plus élevé de tous les pays membres de l’OCDE.

La pandémie de Covid-19 a montré que le manque de données sur les problèmes de santé mentale est un problème. La plupart des fonds disponibles partent vers la recherche fondamentale. La prévention, la détection, le dépistage et le diagnostic, le traitement, la gestion des maladies et les soins innovants, là où les besoins de connaissance sont les plus grands, sont beaucoup moins investis en recherche.

De telles études sont pourtant nécessaires pour aider le monde politique à prendre des décisions. Par ailleurs, la plupart des fonds investis partent dans la recherche sur les adultes, alors que la majorité des problèmes se développent avant l’âge de 24 ans.

Que faire ?

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) s’est saisi de cette question. Avec le soutien de différentes facultés de psychologie, de médecine et de santé publique de Belgique, et de diverses associations du secteur de la santé mentale et de la recherche, le CSS a formulé trois recommandations pour améliorer la production de recherche scientifique et la coopération en matière de santé mentale en Belgique.

Il propose ainsi tout d’abord de créer une plateforme de connaissances qui rassemble toutes les recherches sur la santé mentale en Belgique ; ensuite, d’améliorer la qualité des données collectées afin qu’elles puissent être plus facilement comparées et partagées ; enfin, sur cette base, de développer un agenda de recherche stratégique pour les soins en santé mentale en Belgique.

1. La plateforme de connaissances

Le CSS propose de partir de la base de données existante qui a été mise en place lors de la pandémie de Covid-19 et de l’étendre à la recherche sur les problèmes de santé mentale en général.

2. La qualité des données

Mettre en place des collaborations à grande échelle, par la collaboration, permettrait de comparer et partager de larges collectes de données, et donc de s’épargner des collectes supplémentaires.

Identifier les résultats, les méthodes de collectes et les indicateurs de qualité les plus solides est nécessaire.

L’agenda de recherche stratégique

Le CSS préconise également l’élaboration d’un programme de recherche stratégique basé sur ces recommandations : ceci passe par une liste de priorités bien argumentée.

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