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L'agenda Ciné

La Ruche... Esprit de corps

Sophie Breyer
30 mai 2022 à 22:01Temps de lecture2 min
Par L'Agenda Ciné

Première levée, Marion s’affaire. Elle a préparé les médicaments que sa mère doit prendre et demande à sa petite sœur Louise de s’activer… il est l’heure d’aller à l’école. À la table du petit déjeuner, Claire, la cadette, regarde faire. La maison désertée, Alice, la maman, s’occupe comme elle peut, visiblement perdue et désœuvrée. Le soir venu, ses filles de retour au bercail (ce qu’elle a semble-t-il attendu toute la journée), la voilà qui s’impose en mère impliquée et responsable pour soudainement disparaître, laissant ses filles se débrouiller seules, après leur avoir lancé : " J’ai une vie ! " …  

Fraîchement séparée de son mari, parti pour une autre, Alice vit maintenant seule avec ses trois filles dans ce bel appartement du centre-ville. Femme bipolaire, mère aimante, mais défaillante, son instabilité est de plus en plus difficile à vivre pour ses filles, à commencer par Marion, l’aînée tiraillée entre plusieurs impératifs contradictoires : l’amour qu’elle porte à sa mère, la prise en charge de la maisonnée, la cohésion de la famille et ses aspirations personnelles…

Mara Taquin, Sophie Breyer, Bonnie Duvauchelle et Ludivine Sagnier
Mara Taquin, Sophie Breyer, Bonnie Duvauchelle et Ludivine Sagnier ©Lara Gasparotto

Au nom de l’amour

Coup d’essai, coup de maître pour Christophe Hermans qui réalise avec La Ruche, adapté du roman éponyme d’Arthur Loustalot paru en 2013, son premier long-métrage de fiction, lui qui jusque-là s’était imposé comme réalisateur de documentaires (on lui doit notamment les remarqués Corps étranger et Les Perruques de Christel).

La ruche du titre c’est cet appartement confortable au chaleureux désordre où Marion, Claire et Louise font tout leur possible, comme le feraient de fidèles et dévouées abeilles, pour satisfaire leur mère, et reine, Alice. Car à l’évidence tout tourne autour de cette femme. Mais perdue en elle-même, et souvent en perdition, elle compromet un peu plus chaque jour l’équilibre déjà fragile de la famille.

Bonnie Duvauchelle
Bonnie Duvauchelle ©Lara Gasparotto

C’est dans cet appartement qui peut se révéler aussi accueillant qu’étouffant, dont on ne sort qu’à de rares occasions, que le réalisateur namurois s’attache aux pas de ces trois filles empêchées de vivre pleinement leur jeunesse. Avec une infinie délicatesse, il filme leur vaillance tout autant que leurs défaillances.

Réalisateur, mais également directeur de casting, Christophe Hermans ne pouvait faire meilleur choix que Ludivine Sagnier dans le rôle d’Alice. Mais aussi de Sophie Breyer récompensée par le prix Rising Star lors de la 16e édition du Festival Internationale du film de Rome et le Prix de la Meilleure interprétation au 37e Festival International du Film de Mons pour son interprétation dans le rôle de Marion, de Mara Taquin, la si décidée et rebelle Claire et de Bonnie Duvauchelle (la propre fille de Ludivine Sagnier), étonnante de justesse dans la peau de Louise.

Entre douceur et douleur, ce récit très émouvant d’une sororité est à voir absolument !

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