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La Rome baroque, source d’inspiration de nombreux compositeurs

29 nov. 2021 à 14:08Temps de lecture3 min
Par Axelle Thiry

Axelle Thiry nous emmène dans la Rome de l’époque baroque. On y entre par la Porta del Popolo. On découvre la beauté majestueuse de la place du même nom. On longe le Pincio, avant de se glisser dans les rues de la ville en rejoignant par exemple la via del Corso…

Rome joue un rôle essentiel sur le plan musical et artistique pendant la période baroque. Elle abrite aussi des fêtes somptueuses. Elles sont publiques mais aussi privées, et parfois organisées dans les palais des artistocrates, des cardinaux, ou encore de deux reines, en exil à Rome. Il y a aussi les cérémonies du Vatican à la chapelle Sixtine ou à Saint-Pierre, et les théâtres où on assiste à des concerts et des opéras. De formidables compositeurs laissent libre cours à leur inspiration, aussi généreuse que les fontaines de la ville.

 

La Rome baroque, source d’inspiration de nombreux compositeurs

L’époque baroque a métamorphosé la ville de Rome. Comme l’écrit Patrick Barbier dans son livre Voyage dans la Rome baroque, paru chez Grasset, on y voit "une forêt de coupoles à lanternons, une multitude de places harmonieuses ou joliment théâtrales, des palais parfois massifs à l’extérieur mais jubilatoires quand on y entre, des escaliers virevoltants, des fontaines aux eaux limpides…" Un voyageur écrit en 1687 : "Rome est une jolie ville, elle m’a plu si fort dès l’entrée de la porte del Popolo que je n’aurais pas été fâché d’y être né et d’y passer le reste de mes jours". Quant à Pöllintz, il confie : "Rome est assurément l’une des plus belles villes du monde. En entrant par la porte du peuple, un étranger ne peut qu’être frappé d’admiration lorsqu’il regarde droit devant lui ; il m’a semblé avoir une superbe décoration de théâtre."

Parmi les compositeurs actifs dans la ville, figure Orazio Benevolo. Il est le fils d’un pâtissier lorrain installé dans la ville. Il prête d’abord son talent à la maîtrise d’enfants de Saint-Louis des Français puis il prend la direction du chœur de Sainte-Marie au Trastevere et de San Spirito avant d’entrer à la chapelle Giulia, du Vatican. Il est admiré par le pape Innocent X. Mais il ne parvient pas à faire imprimer ses partitions de musique sacrée, par manque de moyens.

Elles ne réapparaîtront au grand jour que dans la seconde moitié du XXe siècle.

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Le carnaval romain

A Rome, on rivalise de génie pour créer des festivités somptueuses. Certaines familles, très riches, peuvent se permettre de dépenser sans compter pour quelques jours inoubliables ou pour une soirée fastueuse. Et l’État masque peut-être certaines questions politiques par une débauche de cortèges, de processions et de carnavals. A Rome, ce fameux carnaval dure une semaine. Comme l’écrit Patrick Barbier, c’est la fête du peuple par excellence, le seul moment de l’année où il peut s’encanailler, braver les interdits, fronder et satiriser la société. Le carnaval romain est un mélange haut en couleur, de joie et d’ironie, de recherche esthétique et d’obscénité. Goethe dira que le carnaval de Rome n’est pas vraiment une fête qu’on offre au peuple, mais une fête que le peuple s’offre à lui-même. C’est la cloche du capitole qui donne le signal du départ du nouveau carnaval. Il y a une course de chevaux, le palio, qui rassemble beaucoup de gens le long de la via del corso. Les chevaux ne sont montés par personne… Ils courent en toute liberté. Montesquieu, de passage dans la ville, raconte : La rue du corso est pleine de chars, de bateaux même, sur des chars, de carrosses plein de gens masqués, jusqu’aux cochers et laquais. On lâche des chevaux d’un bout de la rue à l’autre et celui qui est le plus tôt arrivé gagne la course. Cela se fait 8 à 10 fois pendant le carnaval

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Programmation musicale

Arcangelo CORELLIL’allegro et la pastorale du Concerto grosso " Fatto per la notte di Natale " op 6/8. Amandine Beyer & Gli Incogniti. ZZT 327.

Orazio BENEVOLILaetatus sum. Le Concert spirituel sous la direction d’Hervé Niquet. Glossa 921623.

Bernardo PASQUINISinfonia a quattro. L’Accademia Bizantina sous la direction d’Ottavio Dantone. DECCA 4706302.

Hector BERLIOZL’Ouverture " Le Carnaval romain ". L’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Lorin Maazel. DG 4151092.

Gregorio ALLEGRIMiserere mei. Deus Oxford Choir of New College sous la direction d’Edward Higginbotham. Erato 146342.

Arcangelo CORELLILa Sonate XII en ré mineur dite " La Follia ". Andrew Manze et Richard Egarr. HM 907299.

Girolamo FRESCOBALDIToccata pour violoncelle, cordes et clavecin. Jian Wang & Camerata Salzburg. DG 4742362.

Domenico SCARLATTILes Sonates en ut mineur K 115 et en sol majeur K 534. Lucas Debargue. Sony 19075944.

Georg Friedrich HAENDELSon nata a lagrimar, extrait de Giulio Cesare HWV 17. Philippe Jaroussky, Nathalie Stutzmann et l’ensemble Orfeo 55. Warner 4623177.

Alessandro SCARLATTILe Concerto grosso n°4 en sol mineur. Europa Galante sous la direction de Fabio Biondi. Virgin 5 45495 2.

Giovanni Battista PERGOLESILe Concerto pour violon en si bémol majeur. Andrea Keller & Concerto Köln sous la direction de Werner Ehrhardt. Capriccio 10378.

Giacomo CARISSIMIExtrait de Jephté. Gabrieli Consort & Players sous la direction de Paul Mc Creesh. MERIDIAN 84132.

Production et présentation : Axelle THIRY

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