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La revue de presse : Vague brune en Italie

La revue de presse de Nicolas VANDENSCHRICK

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26 sept. 2022 à 07:26Temps de lecture3 min
Par Nicolas Vandenschrick

Les résultats des élections italiennes sont observés par la presse. Giorgia Meloni pourra revendiquer le poste de première cheffe de gouvernement italien.

A quel point la droite italienne est-elle extrême ?
Jusqu’où Giorgia Meloni et les Fratelli d’Italia seront-ils "successeurs" du parti de Mussolini ? De Morgen s’interroge, en une, et va chercher des pistes de réponses auprès d’une politologue néerlandaise, Léonie de Jonge (université de Groningen.)

"L’extrême droite ne s’en ira plus de la scène politique, explique-t-elle. Il va falloir apprendre à vivre avec. Et vivre avec, cela veut dire pour le monde politique, fixer des limites au-delà desquels le dialogue avec les extrêmes n’est plus possible." Cela vaut aussi pour les médias, explique-t-elle à De Morgen.

Un exemple est cité. Le 21 septembre dernier, au Pays Bas, Thierry Baudet (Forum pour la démocratie, parti de droite radicale) a accusé à la tribune du parlement, la ministre néerlandaise des finances d’appartenir à une élite visant à tuer la culture occidentale. C’est l’une des nombreuses théories du complot visant les élus de gauche. Ni une ni deux, explique Léonie de Jonge, les membres du gouvernement se sont levés et ont quitté la salle. Voilà, dit-elle, le genre de limite que les forces démocratiques peuvent se fixer.

Bella Ciao

Depuis 2 jours, écrit Libération, des vidéos tournent en boucle sur les réseaux. On y voit une Iranienne, puis deux, nues têtes, chanter Bella Ciao. Ce chant de révolte des saisonnières de la Plaine du Pô, repris pendant la seconde guerre mondiale par les partisans italiens qui se battaient contre les troupes allemandes alliées aux fascistes de Mussolini.

Emouvant en lui-même, ce chant devient bouleversant quand il est entonné par des Iraniennes dont les sœurs et les cousines descendent en rue pour dénoncer l’obscurantisme du régime iranien. Ce chant – poursuit Libé – en devient même viral au moment où une candidate postfasciste s’empare du pouvoir en Italie.

Est-ce un hasard ?
Le quotidien veut croire que non. Que la révolte du peuple ukrainien contre l’envahisseur russe a sans doute donné des idées, du courage à d’autres peuples. Aux minorités opprimées. Comme si la capacité de résistance ukrainienne en imposait à tous, et surtout, à toutes…
Les Iraniennes ont décidé que c’en était assez. A leur tour, elles se lèvent contre l’oppresseur pour clamer ces 3 mots "Zan, zendegi, Azadi"
. Un slogan en persan qui fait la une de Libération, ce matin. Zan, femme. Zendegi, vie. Azadi, liberté.
Demain, conclut l’édito de Libé, demain, les Italiennes reprendront peut-être à leur tour Bella Ciao pour défier Giorgia Meloni…
 

L’amnésie nationale comme explication

Ce lundi, Giorgia Meloni revendique la victoire et le poste qui l’accompagne. Pour le New-York Times, toute l’Europe tourne une page. Celle de plus de 70 années d’après-guerre où le nazisme et le fascisme sont restés un tabou.

Beaucoup d’éléments concourent à expliquer l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni. Cela a sans doute moins à voir avec l’attrait pour sa personne ou les politiques qu’elle entend mettre en place, mais bien plus – dit le NYT – avec cette faim éternelle de changement qui anime l’électeur italien. Cette vision-là serait presque rassurante… : d’ici une législature, n’importe quelle nouvelle création ou créature politique pourrait lui ravir la place.
Sinon qu’il existe une autre force à l’œuvre, explique le NYT.
A la différence de l’Allemagne, après la seconde guerre mondiale, l’Italie a choisi l’amnésie pour réunir la nation. De ce refus d’affronter le passé fasciste, est née pour l’extrémisme, la possibilité de s’insinuer dans le discours politique mainstream. Par cette erreur initiale, l’extrême droite peut se présenter acceptable, comme vierge de tout passé.

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