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La revue de presse : les Diables Rouges nous font-ils encore rêver ?

La revue de presse

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C’est parti : les Diables Rouges débutent la coupe du monde au Qatar ! Premier match ce mercredi à 20 heures face au Canada. Alors : waar is da feestje ? Pas dans la presse écrite en tout cas !


Tous les journaux consacrent plusieurs pages aux Diables Rouges. On décrit la composition de l’équipe. On donne des statistiques. On tire le portrait des joueurs. On analyse la stratégie de Roberto Martinez.

Mais du côté des unes, ce n’est pas folichon. La Libre Belgique n’en parle même pas. Dans De Morgen ou De Standaard, seul un petit encadré rouge nous annonce le premier match.

Pour le reste de la presse, pas d’effusion. Au contraire. Plutôt de la pression.

"L’heure de vérité ! " titre le Soir. Avec une photo d’Eden Hazard, les sourcils froncés. Son regard est concentré. Ou plutôt fermé. Pour les plus anciens joueurs, cette coupe du monde, c’est le " dernier tour de piste ", le " dernier défi " dans un climat morose, écrit le Soir.

"Du courage, que Diable !" s’exclament les journaux du groupe Sudpresse. En conférence de presse, nos joueurs ne doivent plus seulement se prononcer sur leur état d’esprit ou leurs performances sportives. Ils doivent aussi se justifier par rapport aux décisions décriées de la FIFA. Interdiction du brassard "One Love" pour les capitaines sous peine de sanctions, d’un carton jaune. De même, le maillot avec l’inscription LOVE dans le col doit rester au vestiaire. Jan Vertonghen le déclare : "J’ai peur de ne pas être sur le terrain si je parle". Ambiance, ambiance !

De son côté, l’Echo nous apprend qu’en quatre ans, la valeur marchande des Diables Rouges s’est effondrée (-25%). Eden Hazard prend cher. Après la troisième place de la Belgique à la Coupe du monde 2018 en Russie, notre capitaine valait à lui seul 150 millions d’euros. Aujourd’hui, sa valorisation est tombée à 7,5 millions d’euros. En cause, "trois saisons ratées au Réal Madrid et une myriade de blessures", écrit l’Echo.

En résumé ! Les Diables Rouges ne peuvent pas se louper. Les Diables Rouges sont empêtrés dans des polémiques. Les Diables Rouges sont vieillissants. Les Diables Rouges ne suscitent plus autant la " hype ". C’est la fin de la génération dorée. On a connu une presse écrite plus enthousiaste.

La Dernière Heure - les Sports fait presque office d’exception. En une, De Bruyne, Witsel, Mertens, Courtois sont combatifs, souriants, confiants. Les supporters belges sont en arrière-plan. Et ce titre : " Toujours derrière vous !"

Finalement, Het Laatste Nieuws résume bien la situation."Tijd voor vrolijk nieuws uit Qatar !" Il est temps d’avoir des bonnes nouvelles du Qatar ! La Coupe du Monde nous a apporté peu de joie jusqu’à présent, écrit le quotidien flamand. Tout repose donc sur les épaules des Diables Rouges !

One Love

Dans son édito, le groupe des journaux Sudpresse nous remémore un évènement historique. Le 16 octobre 1968 : on remet les médailles du 200 mètres au Jeux Olympiques de Mexico (Mexique). Deux sprinters américains, Tommie Smith et John Carlos, baissent le regard et lèvent leur poing ganté de cuir vers le ciel. Un message fort pour dénoncer le racisme et la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Les deux athlètes ont payé très cher ce geste. Leur carrière fut immédiatement brisée. "Ils n’avaient aucune fortune, aucun contrat milliardaire, aucun grand club, manager ou fédération pour les soutenir" écrit le journaliste. "Et pourtant, ils ont saisi l’importance du moment". La cause est parfois plus grande que la performance sportive.

Dans cette coupe du monde 2022, les Anglais ont posé leur genou au sol pour protester et pour défendre l’inclusivité. Les Iraniens n’ont pas chanté leur hymne national. Une manière de défier le régime iranien et de soutenir les manifestations réprimées dans le sang dans leur pays.

Alors qu’attendre des Diables Rouges ce mercredi soir ? "Du courage, que Diable". Le courage de défier des interdictions du Qatar et de la FIFA pour défendre " la valeur la plus universelle : l’amour ", écrit l’éditorialiste. "Cela transformerait nos champions en de véritables légendes du sport."

Le journaliste reprend aussi une formule bien partagée sur les réseaux sociaux. "Cela pourrait être le plus beau carton jaune de l’histoire du football." Surtout, nos Diables Rouges sont soutenus et ne risquent pas de finir dans la misère comme nos deux sprinters américains.

Trop de dépenses publiques

Dans le reste de l’actualité, la Belgique se fait tirer les oreilles par l’Europe. Notre pays dépense trop. La Commission européenne a rendu son avis sur le projet de budget 2023. La critique peut être résumée en deux points principaux.

1. Nos dépenses publiques courantes augmentent trop rapidement. Cette croissance excessive s’explique par des mesures structurelles : l’indexation automatique des salaires des fonctionnaires, l’augmentation de la pension minimum ou encore les hausses de salaire dans les soins de santé.

2. Les aides pour payer nos factures d’énergie – comme la baisse de la TVA ou les chèques énergie – ne sont pas assez ciblées sur les entreprises et les ménages les plus vulnérables. "Arroser tout le monde sans distinction est certes bien commode politiquement", écrit l’Echo. "Mais en termes budgétaires, ça ne passe pas. Jamais. Nulle part."

C’est vrai : notre pays a rendu un " bien vilain devoir à l’Europe ", poursuit l’Echo. Le déficit de notre pays grimpe à 5,8% du PIB. D’après le quotidien, c’est le trou budgétaire le plus élevé de toute l’Union européenne. "En matière d’image de marques, on a vu mieux. […] Ce qui se joue maintenant, ce n’est rien de moins que la crédibilité de notre pays ", avance la Libre Belgique.

Alors la Commission n’a pas mis une claque à la Belgique. C’est plus un avertissement dans le bulletin. "Ouf de soulagement ! […] Mais, cent fois mais, ce n’est pas une raison pour le Premier ministre Alexandre De Croo de poursuivre le business fédéral as usual", écrit le Soir. L’Europe ne sera pas toujours clémente et compréhensive.

Pas le choix alors. Stop la triche et la procrastination. Ces dépenses doivent s’accompagner des réformes. Réforme des pensions, du système fiscal, du marché du travail. Problème. Les sept partis de la Vivaldi – surtout la gauche et la droite – s’embrouillent sur les projets sur la table. "En fin de compte, rien ou presque ne se produit", analyse De Morgen.

Tous les éditorialistes se montrent critiques. Surtout ils demandent à nos politiques de réparer les pots cassés et d’agir sans attendre. Notre toute nouvelle secrétaire d’Etat au Budget Alexia Bertrand (Open Vld) a donc du pain sur la planche !

Les titres de la presse

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