Matin Première

La revue de presse : la Grande-Bretagne isolée avant l’heure

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22 déc. 2020 à 09:02Temps de lecture3 min
Par La revue de presse de Pierre-Yves Meugens

La presse prend un accent britannique.

Un avant-goût de Brexit

 

Comme un air de répétition générale, avant le mur tarifaire du Brexit, un mur sanitaire est venu se dresser sur la Manche explique l’Echo dans son édito du jour.

C’est presque le Brexit avant l’heure. En 24 heures, une quinzaine d’États européens ont claqué la porte au nez d’Albion. Les photos des longues files de camions bloqués à la frontière parsèment les pages de nos quotidiens.


Qui aurait pu imaginer qu’un virus en mutation déjouerait les négociateurs du Brexit s’interroge De Standaard.

Les Britanniques ont involontairement un avant-goût de ce qui les attend dans un scénario sur le brexit sans accord.


L’isolement dans lequel le Royaume-Uni se retrouve ne consacre plus sa grandeur passée, mais la fragilité de son repli sur soi, estime l’édito de l’Avenir.


Pour De Standaard le fait que la mutation se produise en Grande-Bretagne est une tournure cynique du destin.

La situation montre par l’extrême, à quel point le Royaume-Uni, dans son isolement, est devenu vulnérable poursuit l’Echo. Cela montre aussi combien le continent lui a toujours été proche, physiquement et économiquement. Une belle leçon, grandeur nature, pour ceux qui cherchent encore à torpiller un accord sur le Brexit.

La situation sanitaire a pour effet de donner un sens cruellement concret au Brexit dont Boris Johnson s’était fait le chantre, en se référant au mythe de la splendeur passée du Royaume-Uni selon le journal l’Avenir.


Au temps où, un jour de brouillard épais sur la Manche, un quotidien pouvait titrer

Le continent isolé.

Aujourd’hui, c’est le Royaume-Uni coupé du continent, qui s’inquiète pour ses approvisionnements.
 

Le débat sur la vaccination va-t-il s’imposer à nous ?

Enième trouble-fête à quelques jours de Noël, la nouvelle variante covid apparue au Royaume-Uni provoque un branle-bas de combat dans de nombreux pays.


Une nouvelle souche à la grimace

Titre Libé en France. Le cadeau sous le sapin dont on serait bien passé.
Mais sous le sapin il y a aussi, la petite aiguille et une fiole avec le vaccin. La voie est ouverte à une vaccination en Europe titre Le Soir.


A ce propos, l’édito de la Libre appelle à agir vite. Face aux excès et à la résistance des “antivax” sur les réseaux sociaux, une réponse proportionnée s’impose avant que les hésitants ne se laissent convaincre de rejeter le vaccin.

S’il nous semble inopportun, à ce stade, d’opter pour une vaccination obligatoire, force est de constater qu’elle pourrait s’imposer à ceux qui voudront se rendre dans certains pays ou voler avec certaines compagnies aériennes.


S’il s’impose, ce débat sur l’obligation de la vaccination devra être mené avec précision, pédagogie et bienveillance pour emporter l’adhésion. À l’heure où de plus en plus de Belges s’indignent face aux atteintes à nos libertés individuelles pour raison sanitaire, le risque de mettre de l’huile sur le feu est réel.

Les aveux du patron du Kansas City star

Le patron du Kansas City star a présenté hier ses excuses au nom du quotidien américain pour des décennies de couverture raciste et discriminatoire à l’encontre de la minorité noire explique le Monde.


Le journal, dont le lectorat est largement blanc, a publié dimanche une série de six enquêtes. Elles montrent une couverture qui a ignoré pendant des années la minorité noire de la région, sauf quand ses membres étaient accusés de crimes.


L’homme a signé un long édito dans lequel il racontait " l’histoire d’une puissante entreprise locale qui a fait du mal ".

Depuis cent quarante ans, cette entreprise est l’une des forces les plus influentes à avoir modelé Kansas City et sa région. Pourtant, pendant longtemps, au début de son histoire […], elle a écarté, ignoré et méprisé des générations de résidents noirs.


L’article du monde reprend un exemple en 1977, le Kansas city Star s’est aussi concentré sur les dégâts provoqués par une inondation pour les commerces blancs, plutôt que sur les 25 morts de la catastrophe, dont huit Afro-Américains. L’homme termine son édito avec ces mots :

Nous ne sommes certainement pas parfaits aujourd’hui. Il reste beaucoup de travail, mais au moins c’est un début.
 

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