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La revue de presse : dissolution de la police des mœurs, ouverture ou écran de fumée en Iran ?

La revue de presse

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05 déc. 2022 à 08:29 - mise à jour 05 déc. 2022 à 10:44Temps de lecture3 min
Par Nicolas Vandenschrick

La dissolution de la police des mœurs en Iran est-elle le signe d’une ouverture du régime ou faut-il y voir une diversion ? La presse doute que le régime iranien souhaite réellement un quelconque changement.

Bien sûr, écrit De Standaard, c’est bien la première fois que ce régime iranien adopte une nouvelle tactique, faisant mine de désamorcer plutôt que de réprimer.

Pour autant, et c’est De Morgen qui le souligne, il est plusieurs raisons de douter de la volonté réelle d’ouverture.

D’abord, l’information elle-même n’a reçu aucune confirmation officielle. Certains médias – proche du régime en place – ont d’ailleurs parlé d’une "mauvaise interprétation" des propos du procureur général Mohammad Jafar Montazeri. L’homme – au passage – ne serait d’ailleurs pas compétent pour prononcer cette dissolution – et le ferait-il que les règles elles-mêmes qui s’imposent aux Iraniens ne s’en trouvent pas modifiées.

Le Temps, ce matin, le rappelle : la loi de 1983 qui impose le port du voile reste en vigueur.

Est-ce donc un signal fort ? Se demande la presse ?
Le peuple iranien qui défie le pouvoir depuis septembre n’est pas dupe. Cette abolition de la police des mœurs n’est qu’une mesure prise en urgence par un régime aux abois. Et il est d’ailleurs à craindre que ce régime intensifie encore la répression déjà en partie militarisée, notamment dans le Kurdistan et le Baloutchistan iraniens. Le prix de la quête de liberté des Iraniennes et des Iraniens pourrait être dramatiquement élevé.

L’autoritarisme vacillerait-il ?

La presse aimerait le croire. Cette contestation – en Iran – renvoie les observateurs à une autre protestation, celle qui a court, en Chine.

C’est, écrit le Temps, le signe que les valeurs de la démocratie, les libertés continuent d’exercer un pouvoir d’attraction fort. Le signe, aussi que c’est par l’éducation que passe la survie d’un peuple libre. Le signe – enfin – de la force et de la résilience des femmes qui sont, une fois de plus, en première ligne pour oser défier les régimes inflexible et fossilisé.

Procès du 22 mars, signal fort d’une démocratie

Pour La Libre, il est essentiel que ce procès se tienne. D’abord parce qu’il honore l’indispensable devoir de mémoire des évènements qui se sont déroulés le 22 mars 2016.
Ensuite parce qu’en démocratie, au cœur d’un état de Droit, il n’y a qu’une seule réponse qui s’impose face à la barbarie aveugle et au terrorisme, cette réponse est précisément celle du droit et de la Justice.

Qu’en attendre de ce procès, demande l’Avenir ? Quelle vérité est-on en droit d’espérer ? Les deux accusés clefs – ceux qui ont refusé de se faire sauter – livreront-ils vraiment quelque chose que nous ne savons pas encore ? S’interroge le quotidien.

De Morgen pose la question : Fallait-il vraiment organiser un tel procès, alors que certains estiment déjà que les accusés sont de toute façon coupable ?

C’est particulièrement pour cela, répond l’éditorialiste, qu’un procès doit se tenir. Car il importe d’établir avec des preuves, des faits, des témoignages ou des éléments matériels concrets, la culpabilité ou non de ceux qui se trouvent aujourd’hui en procès.

Au lendemain des attentats du 22 mars, nous avons souhaité maintenir un état de droit, rappelle le Morgen. Ce procès est une nouvelle étape – ni simple, ni gagné d’avance – pour démontrer que nous avons eu raison de le faire.

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