Belgique

La revue de presse : « comment se casser le bras ? »

La revue de presse de Nicolas Vandenschrick

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22 sept. 2022 à 07:54Temps de lecture3 min
Par Nicolas Vandenschrick

Depuis l’annonce de Vladimir Poutine, hier, des réservistes tentent d’échapper à tout prix à la mobilisation.

D’abord et avant tout, c’est la menace nucléaire qui inquiète la presse. Est-elle sérieuse cette menace ? La réponse la plus honnête vient du quotidien De Standaard : " Nous devons admettre que nous n’en savons rien. " Ce qui, a priori, suffit à soulever l’inquiétude. Le Soir le reconnaît également : "Tout semble inquiétant dans l’entêtement constaté ce mercredi, que ce soit la mobilisation des troupes, la parodie de référendum sur l’annexion de quatre régions ukrainiennes et surtout la menace d’utiliser contre l’Ouest tous les moyens à la disposition de la Russie, y compris l’arme nucléaire."

Depuis le déclenchement de cette guerre, tous les moments ont été délicats et difficiles. Mais celui-ci paraît particulièrement périlleux, poursuit le quotidien. L’homme qui se croyait invincible a désormais un genou à terre. Et de cette frustration naît la fuite en avant.

Fuite en avant ou surenchère. Pour le Figaro, le Tsar radioactif, Poutine est acculé. C’est un aveu de faiblesseEt si l’on peut choisir de moquer le Russe en lui attribuant un sobriquet, le Figaro doit bien admettre qu’il faut s’en remettre aux institutions publiques russes. Espérons qu’elle prenne conscience du coût exorbitant que leur dirigeant leur impose. Le salut désormais ne viendrait plus, à lire le journal français que d’une neutralisation par les Russes eux-mêmes de l’autocrate.

Fin de l’apathie politique russe ?

A travers quelques messages lus sur un fil What’s App, le Monde constate combien l’apathie politique des Russes est, ces jours-ci, mise à rude épreuve. Plutôt que la mobilisation, "Je préfère encore faire de la taule au moins tu as une chance de survivre." lit-on. "Pourquoi nos hommes devraient aller défendre les maisons de ceux qui ont fui ?" "Des maris et des fils doivent mourir parce que des politiques l’ont décidé ? "QUelqu’un nous a attaqués ? Quelqu’un nous menace ?" AUtant de messages qui soudain défilent dans une discussion réservée d’habitude aux potins du quartier.

Serait-ce le début de la défiance ? Depuis 30 ans, explique le quotidien, dans les villages sans canalisations, dans les villes au trottoir défoncé, un mantra servait à tout justifier, en Russie… "Au moins, il n’y a pas la guerre."

Libération – titré ce matin guerre et peur – le note : la déclaration d’hier a ceci d’intéressant qu’elle balaye le flou et l’irrationnel alimenté depuis février. La Russie est en guerre, pas en opération spéciale. Il n’est pas question de dénazifier quoique ce soit, ni le temps l’a prouvé, ni de victoire en 3 jours. "Nous savons désormais à quoi nous en tenir. La Russie est en guerre bien plus contre l’Occident que contre l’Ukraine…"

 

Eviter à tout prix de partir au combat

Les réservistes, les mobilisés seront-ils ceux qui finalement feront vaciller Poutine ? Pour éviter d’avoir à partir à la guerre, sur les moteurs de recherche, de nouvelles questions apparaissent en Russie, écrit le Monde.

"Comment quitter le pays ?" ou plus désespéré encore "Comment se casser le bras ?"

Bien entendu, sur les 300.000 réservistes annoncés, une faible proportion seulement est opérationnelle. The Guardian avance un chiffre de 5000 soldats déjà caserné et le quotidien insiste : former des réservistes, c’est une chose, les rendre capables de tenir une ligne de front, c’en est une autre. La mobilisation ne rendra donc pas la réalité du terrain fort différente pour l’hiver qui vient. Si vraiment, le but était d’amener des hommes aptes au combat sur le front, la décision aurait dû être prise il y a des mois. Poutine a réservé sa sortie médiatique au jour du discours de Joe Biden à l’Onu. C’est donc bien le timing qui lui importait.

Faire entendre le bruit des bottes et la menace nucléaire en pleine assemblée générale, c’est envoyer un message clair à l’Onu et à ses membres. C’est pour provoquer à l’Ouest – dit The Guardian – la peur et l’incertitude. Gare, car cette peur qui gagne l’Occident pourrait bien aussi se faire jour dans les rangs de l’armée russe.

 

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